Homéopathie : deux syndicats jouent leur va-tout et réclament le maintien du remboursement à 30 %

Par Loan Tranthimy
Publié le 24/06/2019
- Mis à jour le 15/07/2019
HOMEOPATHIE

HOMEOPATHIE
Crédit photo : PHANIE

Est-ce le chant du cygne ? À quelques jours de la publication par la Haute Autorité de santé (HAS) de son avis définitif sur l'homéopathie, attendu en fin de semaine, le Syndicat des médecins libéraux (SML) et le Syndicat national des médecins homéopathes français (SNMHF) persistent et signent pour réclamer le maintien du remboursement à 30 %.... et s'emploient à montrer l’utilité de cette thérapeutique dans l’offre de soins en France.

Complément et soins de support

Dans un communiqué commun, ils dénoncent une « polémique haineuse et des contre-vérités », véhiculées par les réseaux sociaux et suscitant « l'angoisse des patients ». « Les médecins homéopathes sont d’abord des médecins ; ils ont suivi une formation diplômante en homéopathie en parallèle ou à l’issue de leur cursus en médecine », plaident-ils, affirmant qu'« un généraliste sur trois » prescrit quotidiennement des médicaments homéopathiques 

Si l'homéopathie « ne se substitue pas aux autres thérapeutiques », elle « constitue un complément aux thérapies conventionnelles », insistent les deux syndicats. Dans le traitement des pathologies lourdes comme le cancer, « elle participe aux soins de support pour 30 % de patients ». Et dans certaines situations, « elle représente une vraie alternative : femmes enceintes, sportifs de haut niveau, nourrissons, patients intolérants », affirment les défenseurs des granules.

Déport de consommation ?  

Dans ce contexte, le choix d'un « déremboursement brutal » de l'homéopathie entraînerait plusieurs risques, martèlent les deux organisations : « pénaliser les patients les plus modestes », « déporter la consommation vers des médicaments plus lourds présentant des risques iatrogéniques plus élevés, engendrant mécaniquement de nouvelles dépenses pour l’Assurance-maladie » ou recours par les patients à « des thérapeutes non-médecins ».

Sur le plan économique, le SML et le SNMHF font valoir que le déremboursement ne permettra en rien de financer les produits innovants dès lors que l'homéopathie ne représente que « 0,29 % » des remboursements de médicaments. « Un faible report sur des médicaments remboursés annulerait cette économie », avancent-ils. L'an dernier, le remboursement de l'homéopathie a représenté 126,8 millions d'euros.

Avant son arbitrage, les syndicats exhortent Agnès Buzyn à prendre en compte les propositions du livre blanc de l'homéopathie. Celles-ci défendent le « maintien de l'homéopathie comme discipline médicale intégrée dans le parcours de soins », « le renforcement de l’information, de la formation et de la sensibilisation des professionnels de santé aux spécificités de l’homéopathie dans un cadre institutionnel », ou encore « la consolidation de la recherche en homéopathie ou encore la prévention des risques de dérives et de mésusage des traitements ».

Sommaire du dossier