Traduit devant l'Ordre pour non-confraternité, un généraliste anti « fake médecines » veut défendre son honneur

Par Loan Tranthimy
Publié le 04/07/2018
- Mis à jour le 15/07/2019
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Crédit photo : S. Toubon

Installé dans les Hauts-de-Seine, le Dr M. est l'un des praticiens signataires de la tribune contre les « fake médecines » publiée en mars dans « le Figaro », qui ciblait l'homéopathie. Le 29 juin, ce généraliste a révélé sur Twitter que la plainte déposée contre lui (par des syndicats défenseurs des homéopathes) pour « non-confraternité et non-respect du code de déontologie » avait été transmise à la chambre disciplinaire par l'Ordre des Hauts-de-Seine – ce dernier ayant décidé à l'unanimité de s'y associer

Traitements non éprouvés et devoir de vérité

Joint par « le Quotidien », le Dr M. a chargé son avocat, Me Jérémy Afane-Jacquart,d'organiser sa défense. « Mon client veut défendre son honneur en faisant valoir que les propos qu'il a tenus sont absolument conformes à la déontologie médicale, souligne l'avocat. Un médecin peut-il faire valoir publiquement son opinion médicale sur des procédés médicaux ? C'est la question. »

La réponse est affirmative pour le conseil parisien. « Un médecin est tenu déontologiquement d'émettre publiquement ses réserves à partir du moment où on l'incite à appliquer des procédés dangereux pour le patient, argumente Me Jérémy Afane-Jacquart. Il est tenu à un devoir de vérité vis-à-vis du patient et à s'opposer aux traitements qui ne sont pas éprouvés par la médecine ».

La bataille juridique, symbolique – le Dr M. risque au pire un blâme – ne fait que commencer. L'avocat avoue défendre plusieurs médecins « dont certains sont encore en attente de conciliation ». Il compte réclamer le remboursement des frais de procédure à l'Ordre départemental des Hauts-de-Seine qui s'est associé à la plainte. La chambre disciplinaire devrait rendre sa décision dans un an.


Source : lequotidiendumedecin.fr
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