Les troubles de la santé mentale, avec un continuum entre troubles légers et maladies psychiatriques sévères, sont associés à un risque accru de maladie cardiovasculaire (MCV). Par exemple, la dépression est indépendamment associée à une augmentation, de 14 à 55 % selon les études, du risque de MCV, avec un risque accru d’insuffisance cardiaque et de troubles du rythme.
Inversement, les maladies cardiovasculaires sont associées à un risque plus élevé de dépression, d’anxiété et de stress post-traumatique, en particulier chez les sujets jeunes et les femmes.
Si ces liens sont aujourd’hui reconnus, en pratique, le dépistage de ces troubles chez les patients ayant une MCV est insuffisant, que ce soit au moment du diagnostic ou lors du suivi. Les experts recommandent le recours systématique à des tests rapides de dépistage, par exemple le test de whooley, de très bonne sensibilité (95 %) et qui se fonde sur deux questions simples :
— « Durant le mois écoulé, avez-vous souvent été perturbé par le cafard, une déprime, une perte d’espoir ? » ;
— Et « durant le mois écoulé, avez-vous été souvent perturbé par le peu d’intérêt ou de plaisir dans vos activités ? ».
En cas de réponse positive à l’un ou aux deux questions, d’autres échelles d’évaluation sont alors utilisées.
Le consensus présenté au congrès (1) préconise d’organiser, au sein des services de cardiologie, une équipe « psycho-cardio », selon des modalités adaptées aux ressources et à la population locale. Les médecins traitants jouent également un rôle majeur pour dépister anxiété, dépression et stress post-traumatique chez les patients ayant une MCV, en particulier lors des consultations régulières. Écoute active, empathie, communication sont les premiers éléments de la prise en charge des troubles, qui peuvent aussi bénéficier d’approches plus ciblées, comme la relaxation ou les thérapies comportementales.
Les experts rappellent que les indications des anxiolytiques, sédatifs et hypnotiques, globalement surutilisés, doivent être bien pesées.
(1) Bueno H et al. European heart Journal 2025; ehaf191
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