Dermatite atopique : de nouveaux gènes identifiés, le lien avec le psoriasis confirmé

Publié le 20/10/2015
- Mis à jour le 12/07/2019

La plus vaste étude génétique menée à ce jour chez des patients atteints de dermatite atopique vient de montrer l’implication de 10 variants supplémentaires, portant à 31 le nombre total de gènes connus jouant un rôle dans cet eczéma.

Pour ces travaux, l’équipe internationale, dirigée par le Dr Lavinia Paternoster, de l’université de Bristol en Grande Bretagne, a colligé les données sur 377 000 personnes (plus de 15 millions de variants génétiques), inclues dans 40 études de par le monde. En procédant à une analyse d’association pangénomique (étude dite « GWAS »), les chercheurs ont comparé les informations génétiques de plus de 21 000 personnes souffrant d’eczéma atopique et plus de 95 000 contrôles.

Vers de nouvelles cibles thérapeutiques

Leurs résultats, publiés cette semaine dans la revue « Nature Genomics », révèlent que ces nouveaux variants sont tous impliqués dans la régulation de l’immunité innée et de la fonction des lymphocytes T.

Pour le Dr Sébastien Barbarot, dermatologue au CHU de Nantes, « avec une étude d’une telle envergure, on arrive probablement à la limite de ce qu’on va pouvoir trouver avec cette technique des GWAS – cela nous donne une idée de la complexité du background génétique de la maladie, qui est vraiment polygénique, mais qu’on peut toujours classer en deux grands groupes de gènes : un premier groupe qui intervient dans la barrière épidermique, et un deuxième qui intervient dans la régulation du système immunitaire ».

De la génétique à la clinique, un passage compliqué

Ces informations peuvent donc ouvrir la voie à de nouvelles cibles thérapeutiques. « Ces études GWAS peuvent nous donner des pistes pour essayer de creuser des voies thérapeutiques auxquelles on n’avait pas forcément pensé en étudiant des cas isolés », explique le Dr Barbarot, précisant tout de même qu’il est très difficile de traduire cliniquement les résultats d’études génétiques de telle envergure. « En réalité les facteurs de risques génétiques confèrent une augmentation de risque qui est extrêmement faible... Ça n’explique que 3 % de la variance de la maladie donc c’est assez faible », poursuit-il.

Enfin, autre aspect important de l’étude, les auteurs confirment l’existence de chevauchements génétiques entre eczéma et autres pathologies, notamment les maladies inflammatoires intestinales et le psoriasis. Selon eux, « cela suggère qu’à l’avenir, étudier ces maladies de concert pourrait fournir de nouvelles informations importantes et aider à trouver de nouveaux traitements ».

Clémentine Wallace

Source : lequotidiendumedecin.fr