URPS : en campagne à Lyon, la FMF appelle les médecins à « se préparer à la bagarre »

- Mis à jour le 12/07/2019

Crédit photo : S. TOUBON

Les syndicats de médecins libéraux multiplient les réunions de campagne avant le scrutin des Unions régionales des professionnels de santé (URPS). Après un tour des régions qui l’a amené à Jonzac, Toulouse, Bordeaux ou Annecy, le Dr Jean-Paul Hamon, président de la Fédération des médecins de France (FMF), est venu mardi soir à la rencontre de confrères syndiqués à Lyon. La réunion s’est déroulée dans les locaux de l’URPS Rhône-Alpes.

Une quinzaine de médecins étaient présents, la plupart généralistes de secteur I, exerçant en ville ou à la campagne. Le public réuni ce soir était déjà plus ou moins acquis à la cause du syndicat. Pour autant, lors d’un tour de table, un malaise teinté d’énervement était palpable.

De l’utilité du syndicalisme

« Comment ça marche au niveau des instances politiques ? On manque d’informations », se plaint un généraliste, récemment syndiqué et installé depuis 28 ans à Pusignan, petite commune proche de l’aéroport de Lyon. Le médecin prévient son auditoire : « Il va falloir me canaliser ! » Ce à quoi l’auteur de « la Fin de notre système de santé ? » répond : « A la FMF, on ne canalise pas ! » D’autres confrères déplorent la distance des pouvoirs publics avec la profession. « Les gens qui gouvernent ne connaissent pas nos métiers ! », s’indigne un praticien.

Certains médecins s’interrogent, sur le but de ce scrutin : « On ne sait pas à quoi ça sert l’URPS. » À l’inverse, d’autres sont convaincus de la nécessité de ces élections : « Il faut voter, sinon on ne compte pas et on se retrouve en dehors du système. »

Touraine, MG France et la CSMF dans le collimateur

Une généraliste entame le sujet sensible de l’article 47 sur l’ouverture des données de santé : la salle s’indigne. Le Dr Hamon continue sa diatribe : « La FMF est contre le flicage intégral et contre l’inégalité de traitement entre public et privé. L’enfichage et l’enfumage sont les deux mamelles de la Sécurité sociale et du ministère ! », lance-t-il, galvanisé.

Marisol Touraine en prend pour son grade, mais également les autres syndicats, MG France et la Confédération des syndicats médicaux français (CSMF), « asservis aux caisses et aux politiques », et se contentant de peu. « Il faut se préparer à la bagarre et se convaincre de notre pouvoir. On va montrer à Touraine qu’après le 16 octobre on ne s’arrêtera pas, la résistance s’organise en coordinations ». Le président de la FMF a présenté son « plan de bataille » pour les prochaines semaines : poursuite de la grève de la télétransmission et fermeture reconductible des cabinets du 3 au 6 octobre pour protester contre le projet de loi de santé. Le Dr Hamon rappelle la détermination des médecins d’une soixantaine de coordinations qui ont signé une charte et sont prêts à se déconventionner par bassin de vie, si un médecin est harcelé par sa caisse (arrêt de travail, non substituable...) ou pour non-application du tiers payant. « Si les médecins se déconventionnent en masse, nous serons en situation de force pour renégocier ensuite une nouvelle convention, et de réévaluer massivement les tarifs des actes médicaux », conclut-il.