Propos anti-vaccins : le Pr Joyeux sera de nouveau jugé par l'Ordre des médecins

Publié le 25/07/2019
- Mis à jour le 28/08/2019

Crédit photo : S. Toubon

Le Conseil d'État a annulé mercredi 24 juillet une décision favorable au Pr Henri Joyeux, qui devra être rejugé devant l'Ordre des médecins pour des pétitions anti-vaccins, en vue d'une éventuelle radiation. Cette décision est un nouvel épisode dans une histoire remontant à trois ans.

En première instance, le 8 juillet 2016, ce chirurgien contesté par une large partie de la communauté médicale avait été radié par la chambre disciplinaire de Languedoc-Roussillon pour avoir publié deux pétitions anti-vaccins.

Mais en appel, le 26 juin 2018, le professeur montpelliérain de 74 ans avait été blanchi par la chambre disciplinaire nationale de l'Ordre des médecins, une instance indépendante du Conseil national de l'Ordre. Ce dernier s'était alors pourvu devant le Conseil d'État, qui a cassé mercredi l'annulation de la radiation.

« L'affaire est renvoyée à la chambre disciplinaire nationale de l'Ordre des médecins », a décidé la plus haute juridiction administrative française.

Des pétitions controversées

Intitulées « NON à la vaccination massive des enfants contre les papillomavirus » et « Vaccin obligatoire : les Français piégés par la loi et par les laboratoires ! », les deux pétitions en cause avaient été publiées sur Internet par le Pr Joyeux en septembre 2014 et mai 2015.

La première s'élevait contre une recommandation du Haut conseil de la santé publique, jamais suivie par le gouvernement, préconisant d'abaisser de 11 à 9 ans l'âge de la vaccination contre le papillomavirus pour les filles. La seconde pointait la présence d'aluminium comme adjuvant dans le vaccin hexavalent, en estimant que cela représentait un danger, ce qui n'est corroboré par aucune étude.

Pour motiver sa décision, le Conseil d'État a contesté le point de vue de la chambre disciplinaire nationale de l'Ordre selon lequel le Pr Joyeux « ne s'opposait pas aux vaccinations et se bornait à en préconiser l'usage avec prudence et discernement ».

En outre, le Conseil d'État a également contesté l'argument selon lequel le Pr Joyeux aurait respecté « les obligations de prudence » d'un médecin lorsqu'il s'adresse au grand public, soulignant qu'il avait fait usage de « termes polémiques ».

Figure de proue des anti-vaccins, Henri Joyeux se défend pourtant d'en être un lui-même, assurant n'être pas opposé à la vaccination mais seulement à ses « abus ». Peu après sa relaxe, six Académies scientifiques, dont celles de médecine et des sciences, avaient dénoncé ses positions « scandaleuses » contre les vaccins.

S. L. (avec AFP)

Source : lequotidiendumedecin.fr