Contenu, masquage, consentement : le nouveau DMP, comment ça marche ?

Par Martin Dumas Primbault
Publié le 09/11/2018
- Mis à jour le 15/07/2019
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Crédit photo : S. Toubon

Depuis mardi, le dossier médical partagé (DMP) est généralisé officiellement à l'ensemble du territoire. Si beaucoup de professionnels de santé connaissent l'outil dans sa théorie, peu savent exactement comment le mettre à profit dans leur pratique. Sans prétendre à l'exhaustivité, « le Quotidien » répond ici à quelques interrogations de la profession.

Que trouve-t-on dans le DMP ?

Pour reprendre le slogan de la CNAM, le DMP, c'est « la mémoire de votre santé ». En résumé, il s'agit d'un dossier qui compile tous les documents souvent dispersés entre le médecin traitant, les spécialistes consultés, les établissements ou encore les laboratoires d'analyses et autres centre d'imagerie médicale.

On y trouve ainsi six grandes catégories de documents : les traitements et soins (dispensation et prescriptions), les comptes rendus d'hospitalisation (admission, séjour hospitalier, passage aux urgences, accouchement ...), les comptes rendus d'imagerie médicale, de biologie et d'actes de prévention.

L'Assurance-maladie s'est engagée à verser automatiquement dans ce DMP nouvelle génération l'historique des deux dernières années de remboursements dans cinq grands champs : la pharmacie, l'hospitalisation, les soins médicaux et dentaires, la radiologie et la biologie.

Afin d'organiser ces documents, une rubrique « synthèses » doit permettre à un professionnel de santé qui rencontre un patient pour la première fois d'obtenir rapidement un sommaire de ce qu'il pourra trouver dans le DMP. Ce document est intitulé volet de synthèse médicale.

Qui peut remplir le DMP ?

Tout professionnel de santé détenteur d'une carte professionnelle de santé (CPS) peut verser un document dans le DMP, à condition que le patient lui ait donné l'autorisation une première fois avec sa carte Vitale.

Qui peut faire le volet de synthèse médicale ?

Seul le médecin traitant est habilité à réaliser le volet de synthèse médicale de son patient.

Qui peut voir quelle information ?

À l’intérieur du DMP, le patient peut masquer certains documents. Il choisit quel professionnel peut avoir accès à tel ou tel document. De la même manière, il peut choisir si son DMP peut être accessible en cas d'urgence.

De leur côté, les médecins peuvent eux-mêmes décider de masquer provisoirement une information au patient, notamment dans l'attente d'une consultation d'annonce. Le patient ne verra pas l'information tant que le « démasquage » n'est pas opéré.

En établissement de santé, tous les professionnels de l'équipe de soin peuvent consulter le DMP. Le personnel administratif n'a accès qu'à la partie administrative du dossier. Il peut l'alimenter mais pas le consulter.

Tous les professionnels de santé n'ont pas accès à l'intégralité du DMP pour autant. L'Assurance-maladie a mis au point une matrice d'habilitations, très détaillée, fixant les conditions d'accès aux types de documents selon la profession ou la discipline.

Comment accéder au DMP ?

Pour les professionnels de santé, le moyen le plus simple pour accéder au DMP est de passer par leur logiciel métier. La CNAM assure que 69 % des logiciels métier des médecins libéraux sont aujourd'hui compatibles avec le DMP.

Dans ce cas de figure, un volet « DMP » est intégré à l'arborescence existante du logiciel et d'un simple clic (si tout va bien), le praticien peut consulter le DMP de son patient ou y placer un document. L'inverse est toutefois impossible, un médecin ne peut pas transférer automatiquement les documents du DMP vers son propre dossier patient.

Sinon, il est toujours possible d'accéder au DMP via un navigateur Internet.

Comment le patient donne-t-il son consentement ?

Le consentement du patient doit être donné de visu lors d'une consultation initiale. Pour un premier accès au DMP d'un patient, deux clés sont nécessaires : sa carte Vitale et la CPS du professionnel. Ce consentement doit être donné à chaque professionnel souhaitant consulter, pour la première fois, le DMP. Une fois donné, il n'est pas nécessaire de le renouveler à chaque fois.

Dès qu'il a obtenu un consentement, le professionnel de santé peut accéder au DMP de son patient même en son absence. Néanmoins, le patient peut choisir de bloquer l'accès d'un professionnel à son DMP à tout moment depuis son espace personnel ou demander à son médecin traitant de le faire.

Quelles évolutions sont prévues dans les années à venir ?

Dès 2019, un espace réservé aux directives anticipées verra le jour. À plus long terme, entre 2020 et 2022, le DMP sera complété d'un carnet de vaccination et d'un moteur de recherche pour faire le tri dans les documents compilés.

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Source : lequotidiendumedecin.fr