Rougeole : 913 cas et 1 décès, les autorités en appellent aux médecins pour endiguer l'épidémie

Rougeole : 913 cas et 1 décès, les autorités en appellent aux médecins pour endiguer l'épidémie

Coline Garré
| 14.03.2018
  • rougeole

    Rougeole : 913 cas et 1 décès, les autorités en appellent aux médecins pour endiguer l'épidémie

Les autorités sanitaires tirent la sonnette d'alarme : la multiplication des cas de rougeole fait craindre une épidémie nationale en France, semblable à celle qu'elle a connue entre 2008 et 2012 (24 500 cas a minima, 1 500 pneumonies graves, 35 encéphalites, 20 décès).  

Depuis le 6 novembre 2017, date de début de l'épidémie en Nouvelle-Aquitaine, et le 12 mars 2018, 913 cas de rougeole ont été déclarés. Près de 9 cas sur 10 sont survenus chez des personnes non ou incomplètement vaccinées.

Une accélération depuis 3 semaines

Parmi les 913 cas, 201 (près d'un quart) ont été hospitalisés, dont 9 en réanimation. Un décès est survenu en février, à Poitiers : celui d'une jeune femme non vaccinée. Ce qui porte à 21 le nombre de décès dus à la rougeole depuis 2008 (parmi eux, 8 personnes étaient immunodéprimées – avec contre-indication à la vaccination). La rougeole est l'une des pathologies les plus contagieuses, un cas pouvant contaminer 15 à 20 personnes dans une population non immunisée. 

« Plus de 90 % des 913 cas sont apparus en 2018 ; il y a eu une accélération ces trois dernières semaines, avec près de 46 % d'augmentation des cas par rapport à l'incidence de début novembre », a souligné le Dr Daniel Levy-Bruhl, responsable de l'unité Infections respiratoires et vaccination de Santé publique France. Il insiste sur la dissémination du virus : si fin 2017, les cas se concentraient aux 3/4, en Nouvelle-Aquitaine, cette région ne rassemble que la moitié de ces cas ; 59 départements sont touchés, en particulier en Provence-Alpes-Côte d'Azur, Bretagne, et dans les Pays de la Loire.

Les nourrissons payent le prix d'une couverture vaccinale insuffisante

Les nourrissons de moins d’un an sont les populations les plus touchées (taux d'incidence de près de 8 pour 100 000 cas) : « Ils ne peuvent pas être vaccinés ; ils paient le prix du défaut de vaccination de leur environnement », explique le Dr Levy-Bruhl. La rougeole frappe particulièrement les 1-4 ans (près de 6/100 000), « ce qui reflète leur insuffisante vaccination », ainsi que les jeunes adultes (de 15 à 30 ans), « du fait du rattrapage insuffisant de la vaccination pour cette tranche d'âge ».

La vaccination contre la rougeole, fortement recommandée jusqu'au 1er janvier 2018, fait désormais partie des 11 vaccins pédiatriques obligatoires

 « L'élimination de la rougeole est un objectif prioritaire de l'Organisation mondiale de la santé ; pour cela il faut atteindre l'objectif d'une couverture vaccinale de 95 % pour les personnes à risque », a rappelé le Pr Jérôme Salomon, directeur général de la santé (DGS). La protection conférée par la maladie est efficace pour un individu, mais seule l'immunité collective fait barrière à un virus, a-t-il indiqué.    

En France, la couverture vaccinale est de 90,5 % pour les moins de deux ans (selon les données 2014). Le seuil des 95 % est atteint pour les enfants de 6 ans, mais pas pour la deuxième dose, qui concerne 79 % des enfants de deux ans, 83 % des six ans, et 93 % des 11 ans (la deuxième dose protège la quasi-totalité des 8 % des non-répondeurs à la première dose). Sans oublier les inégalités territoriales derrière ces moyennes : la couverture vaccinale pour la seconde dose varie de 62 à 88 % selon les départements. 

Pour les jeunes adultes, l'étude de séroprévalence de 2013 montre un taux de personnes sans anticorps protecteurs de 9,2 % soit plus d'un million d'individus.

Les médecins en première ligne 

Les autorités sanitaires appellent les professionnels de santé à se vacciner, à vérifier systématiquement le statut vaccinal du patient âgé d'au moins 12 mois, et né après 1980 (on considère que les plus vieux ont probablement déjà eu la rougeole), et à signaler tout cas à l'agence régionale de santé sans attendre la confirmation biologique du cas, afin d'identifier au plus vite les personnes contacts. 

Plus largement, la DGS invite l'ensemble de la population, en particulier les populations à risque, l'entourage des plus fragiles (femmes enceintes et avec un projet de grossesse, nourrissons de moins d’un an, les immunodéprimés), et les personnes nées après 1980, à vérifier son statut vaccinal. Pour ce faire, « il suffit de consulter son carnet de santé, ou en cas de doute, son médecin traitant », indique le Pr Salomon. En cas de perte du carnet de santé, « ça dépend si la personne est à risque. Si oui, on recommande de revacciner (une dose) la personne » ; mais la sérologie de la rougeole n'est pas recommandée en routine, a précisé le Pr Salomon. Le carnet de vaccination électronique devrait par ailleurs « rejoindre » le dossier médical partagé (DMP) fin 2018. 

Un patient atteint de rougeole doit limiter ses déplacements. Les mesures barrières doivent être mises en place : éviction scolaire, isolement, masque, informations aux proches.

Source : Lequotidiendumedecin.fr

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