Entretiens de Bichat : femmes enceintes et nourrissons, des voyageurs sous haute protection

Publié le 01/10/2014

Ce voyage en pays tropical à risque est-il bien nécessaire à cette période ? Une fois la question posée et la réponse, affirmative mais mûrement réfléchie, il est conseillé de prendre un certain nombre de précautions dont l’indispensable assurance, ou, mieux, une assistance pour une prise en charge globale en cas de problème.

Les vaccins, tous autorisés pendant la grossesse

En ce qui concerne les vaccinations, le calendrier vaccinal des nourrissons doit être à jour, sachant que la vaccination contre la fièvre jaune peut être faite dès 6 mois, contre l’hépatite A dès 1 an (B dès la naissance). Essentiel encore, le BCG, faisable dès la naissance.

Pendant la grossesse, les vaccins sont tous autorisés, les vaccins classiques (DTP et coqueluche acellulaire, comme les 3 injections de l’hépatite B) étant valides 20 ans. Les vaccins contre les hépatites A et B ne posent pas de problème, contre la typhoïde non plus. L’indication du vaccin contre la fièvre jaune, pour l’Afrique noire et l’Amérique du Sud uniquement, un vaccin avec virus vivant, doit être discutée au cas par cas, une seule vaccination dans le passé entraînant une protection à vie.

Prendre l’avion est possible à partir de 2 semaines, avec un biberon au décollage et des vêtements chauds. L’allaitement au sein est toujours privilégié, les biberons sinon stérilisés, l’eau encapsulée ou bouillie, le contact avec les animaux évités, ainsi que les promenades pieds nus et les bains en eau douce. « Même si le principal risque en pays tropical est celui d’un accident de la voie publique, les parasitoses n’épargnent pas les femmes enceintes et, pour les identifier plus sûrement, plaisante le Pr Bourée, il nous faut tirer les vers du nez de nos patientes au retour, sur des douleurs abdominales, de la fièvre, une lésion cutanée, etc. ».

Le palu, le plus redouté

Le paludisme est rare chez les femmes autochtones, lestées d’anticorps, mais la grossesse qui crée une immunodépression relative (surtout vers les 13e-16e semaines) peut faciliter une parasitémie… Plus graves, les cas d’importation, imputables à différentes espèces de Plasmodium selon les pays. L’accès pernicieux d’une femme enceinte ne peut toutefois être confondu avec une éclampsie en dépit du coma commun aux deux pathologies.

En zone d’endémie, la protection vis-à-vis des anophèles est donc indispensable, moustiquaires imprégnées d’insecticides et répulsifs sur la peau des femmes enceintes aussi, DEET entre 20 et 30 %, IR355 à 20 % ou icaridine à 35 %. Le DEET et l’IR3535 sont utilisables aux mêmes dosages chez l’enfant à partir de 6 mois, l’icaridine à partir de 2 ans. La chimioprophylaxie antipaludique associe atovaquone et proguanil (Malarone®), efficace et bien tolérée par les femmes enceintes et les enfants de plus de 5 kg (en fonction du poids et au quart du dosage destiné à l’adulte).

D’après une communication du Pr Patrice Bourée, Consultation des maladies tropicales à l’Institut Fournier (Paris).

Dr Brigitte Blond

Source : lequotidiendumedecin.fr