Sur les réseaux sociaux, les influenceurs peuvent pousser les enfants à manger gras, sucré et salé

Par Sophie Coisne
Publié le 19/04/2019
- Mis à jour le 15/07/2019
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Crédit photo : PHANIE

Le YouTuber français Norman a 5,5 millions d'abonnés, Squeezie 4,3 millions, Natoo 3,4 millions. Parmi leurs spectateurs, des dizaines de milliers d'enfants et d'adolescents. Ces influenceurs des réseaux sociaux peuvent-ils avoir un impact sur la santé nutritionnelle des petits spectateurs ? Oui, selon une étude publiée dans « Pediatrics ». Des chercheurs britanniques y montrent que les enfants consomment davantage de goûters gras, sucrés ou salés lorsqu'ils sont exposés à des influenceurs qui en présentent à l'écran.

L'étude a porté sur 176 enfants âgés de 9 à 11 ans, randomisés en trois groupes. Point de Squeezie ou de Natoo face à eux. Les sujets devaient regarder des images Instagram de deux influenceurs issus du top 10 britannique : une femme de 26 ans possédant 12,1 millions d'abonnés et un homme de 23 ans possédant 4,1 millions d'abonnés. 

Images Instagram

Après avoir évalué le degré de faim des enfants à l'aide d'une échelle visuelle analogique, six images Instagram leur étaient présentées, montrant l'influenceur tenant un aliment ou un produit non-alimentaire tel qu'une basket. L'aliment variait en fonction du groupe auquel appartenait l'enfant. Pour le premier groupe (n = 58), l'influenceur tenait entre les mains un snack gras, sucré ou salé (par exemple un cookie). Pour le second groupe (n = 59), il présentait un goûter équilibré (fruit ou légume). Pour le troisième groupe, contrôle, il montrait un objet.

Après la séance d'observation, quatre snacks variés, bons ou mauvais pour la santé et différents de ceux des photos, étaient proposés aux enfants. Ces derniers pouvaient manger ce qu'ils voulaient pendant 10 minutes.

26 % de calories en plus

Les enfants ayant été exposées à des influenceurs montrant des snacks gras, salés et/ou sucrés ont consommé en moyenne 26 % de calories en plus que les enfants du groupe contrôle et 15 % de calories de plus que les enfants du groupe « goûter sain ». La proportion de snacks mauvais pour la santé consommée était également plus importante dans le premier groupe. En revanche, les enfants exposés à des images d'influenceur tenant un fruit ou un légume n'ont pas significativement consommé plus de calories que le groupe contrôle. 

Pour les auteurs, cette étude montre l'impact qu'un influenceur peut avoir sur les désirs alimentaires de l'enfant. Une conclusion qui concorde avec l'impact marketing bien documenté des célébrités dans les publicités télévisées. Les chercheurs recommandent dès lors que les messages de santé publique concernant les produits sucrés, gras ou salés, obligatoire dans les publicités à la télévision, s'appliquent aussi aux réseaux sociaux.