Moins de sucre pour les enfants, plus d'activité physique pour les seniors : les nouveaux repères alimentaires des populations spécifiques

Par Coline Garré
Publié le 27/06/2019
- Mis à jour le 15/07/2019
enfant sucre

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Crédit photo : PHANIE

L'Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSES) publie quatre avis d'expertise sur la nutrition des nourrissons, adolescents, femmes enceintes et personnes âgées, qui devraient à terme être traduits en recommandations puis en messages publicitaires. « Les risques sanitaires liés à la nutrition sont spécifiques à chacune des populations étudiées », souligne l'ANSES qui a construit ses repères en prenant en compte les spécificités et les besoins nutritionnels de chacune des populations, les données épidémiologiques pour les plus de trois ans, et les données des apports nutritionnels observés en France. « Ces risques peuvent néanmoins être limités grâce à une alimentation saine et variée », précise l'Agence, qui renvoie à son rapport de 2017 sur les repères alimentaires pour les adultes, valables pour tous dès 4 ans. 

Attention au sucre entre 4 et 17 ans 

L'ANSES tire la sonnette d'alarme sur les apports excessifs en sucres chez les enfants (75 % des 4-7 ans sont concernés, 60 % des 8-12 ans et 25 % des 13-17), notamment via les boissons sucrées et les gâteaux, biscuits ou pâtisseries proposés au goûter. L'Agence invite à leur préférer les produits laitiers sans sucres, les fruits frais non transformés, les fruits à coque et plus largement, les préparations maison. Et appelle à réduire en urgence les sucres ajoutés présents dans les produits transformés – à propos desquels une équipe française vient de montrer une association avec le risque cardio-vasculaire, au-delà des liens déjà connus avec les risques de surpoids, d'hypertension, de dyslipidémie, voire de cancers. 

En outre, les adolescents présentent des apports nutritionnels insuffisants en calcium et en fer, et devraient davantage se tourner vers les produits laitiers, les légumes-feuilles, légumineuses, et certaines eaux pour pallier leurs carences en calcium, et vers les viandes, poisson, œufs, pour le fer. 

Recette d'une diversification réussie 

Pour les petits de 0 à 3 ans, l'ANSES précise les pratiques de diversification permettant de favoriser l'acceptation des nouveaux aliments : la commencer entre 4 mois et 6 mois révolus, et pas après, proposer un maximum d'aliments variés entre 5 et 18 mois, fenêtre favorable d'acceptation avant la période de néophobie alimentaire (vers deux ans), présenter jusqu'à 8 fois un aliment initialement refusé, introduire les aliments non lisses entre 8 et 10 mois, en variant les textures des morceaux. Une fois la diversification commencée, il est recommandé d'introduire sans tarder les produits laitiers, l'œuf et l'arachide, que l'enfant soit ou non à risque d'allergie.

L'allaitement maternel a un effet positif sur l'acceptation des nouveaux aliments, lit-on. L'Agence insiste sur l'importance d'un contexte calme, serein, sans écran, dans lequel sont pris les repas pour réduire la néophonie.  

L'ANSES décommande l'introduction précoce d'aliments riches en sucres chez les petits, les édulcorants, les boissons caféinées et les sodas. Sont à limiter les produits à base de soja (voire éviter avant 6 mois) et le chocolat. 

Vigilance sur le fer, l'iode, la vitamine B9 pour les femmes enceintes 

L'ANSES recommande aux femmes en âge de procréer de veiller à leur équilibre alimentaire sans attendre d'être enceinte. Une fois la grossesse commencée et lors de l'allaitement, elle les invite à consommer en priorité des produits laitiers, des fruits et légumes et certains poissons pour couvrir leurs besoins en fer, iode, vitamine B9, et pour les femmes allaitantes, en vitamines A et C. 

Enfin, l'ANSES insiste sur les bénéfices de l'activité physique régulière chez les femmes ménopausées et les personnes âgées. En cas d'impossibilité, l'Agence recommande de diminuer légèrement les portions habituelles, sauf celles de fruits, légumes, poissons, mollusques crustacés, et féculents complets, afin de couvrir les besoins en iode, EPA, DHA, zinc, et fer et iode chez les femmes.


Source : lequotidiendumedecin.fr