Guichet unique, exercice multisite, pratiques avancées : Buzyn « VRP » du plan accès aux soins

Par
Martin Dumas Primbault -
Publié le 09/07/2018
BUZYN ACCES SOINS

BUZYN ACCES SOINS
Crédit photo : S. Toubon

Ce lundi 9 juillet avait lieu au ministère de la Santé le deuxième comité de pilotage national sur l'accès aux soins. Dix mois après le lancement par Agnès Buzyn de son plan « anti-déserts », ce point d'étape a permis de mettre en avant les initiatives territoriales les plus réussies et les avancées en la matière. 

Un guichet unique qui gagne à être connu

Depuis le 10 avril, une instruction relative au guichet unique d'information et d'orientation des professionnels de santé a permis aux agences régionales de santé (ARS) de mettre en place cet outil. Il s'agit de créer un point d'accueil centralisé pour accompagner les libéraux de santé dans leur projet, tout au long de leur carrière. Si la ministre de la Santé a salué ce dispositif, elle regrette son manque de notoriété, inquiétude confiée par les syndicats de jeunes médecins (ANEMF et ISNAR-IMG). Une carte des guichets uniques a été élaborée. « Il a été convenu de la diffuser dans toutes les ARS, même au niveau départemental, par l'intermédiaire des syndicats, pour toucher un maximum de jeunes médecins », a indiqué la ministre.

Agnès Buzyn s'est aussi félicitée de l'accord trouvé avec l'Ordre pour faciliter l'exercice multisite. « En raison de la lenteur des autorisations accordées par le conseil de l'Ordre, cette pratique était compliquée à développer », a-t-elle regretté. Un décret viendra corriger cette grave anomalie. L'autorisation deviendra implicite : seule une simple déclaration du cabinet secondaire sera réclamée au médecin, avec la possibilité pour l'Ordre d'intervenir lorsque les aspects déontologiques ne sont pas réunis.

Sur la délégation de tâches, la ministre applaudit la multiplication des infirmières Asalée (Action de santé libérale en équipe), qui permettent de dégager du temps médical. Pas moins de 115 infirmières (70 équivalents temps plein) ont été recrutées en un mois et demi depuis la pérennisation du financement (avec un objectif de 367 infirmières). 

En parallèle, le décret attendu sur les infirmières en pratiques avancées (IPA) devrait paraître au « Journal officiel » dans la semaine. La première promotion fera sa rentrée en septembre pour une formation sur deux ans (dans une dizaine d'universités). L'objectif étant l'entrée en activité de 500 IPA en 2020 puis 1 200 en 2021 et 2 000 en 2022 ! La rémunération n'est pas arrêtée. « Nous avons deux ans pour y réfléchir, mais les négociations sont en cours », a précisé la ministre.

Pêle-mêle, le ministère salue aussi l'élargissement du « zonage » à 18 % de la population (cartographie qui conditionne l'accès aux aides), le déploiement des contrats incitatifs (2 800 contrats d'engagement de service public ou CESP, 400 contrats d'aide à l'installation – CAIM), l'octroi d'une prime de 200 euros pour les internes en stage ambulatoire en zone sous-dense (dès novembre) ou encore la création d'un statut d'assistant partagé ville/hôpital (100 postes financés pour deux ans cette année).  

Montée en puissance des CPTS

Sur le terrain, plusieurs initiatives ont déjà séduit les délégués nationaux − Thomas Mesnier, député LREM de Charente, Élisabeth Doineau, sénatrice de Mayenne et le Dr Sophie Augros, médecin généraliste.

Déjà mis en avant lors du premier comité de pilotage, le cabinet éphémère de Pontarlier a de nouveau fait l'objet d'une attention toute particulière. Dans ce cabinet, des généralistes volontaires se relaient pour assurer des consultations en alternance (9h/19h), un jour par semaine, aux tarifs de secteur I. 

De la même manière, la communauté professionnelle territoriale de santé (CPTS) du Sud-Lochois (Indre-et-Loire), qui regroupe une centaine de professionnels, fait figure d'exemple (200 projets de CPTS sont désormais recensés). Quelle que soit la forme d'exercice coordonné, « partout où les professionnels, les ARS et les élus locaux vont dans le même sens, une dynamique s'enclenche véritablement », analyse Thomas Mesnier. 

Une nouvelle réunion du comité de pilotage pourrait intervenir en novembre, pour le premier anniversaire du lancement du « plan Buzyn ». Une nouvelle occasion de célébrer son bilan ? 


Source : lequotidiendumedecin.fr