A-t-on plus de chance de franchir le cap de la très redoutée première année des études de santé en choisissant un Pass (Parcours d’accès spécifique en santé) ou une L.AS (licence d’accès en santé) ? C’est « la » question que se posent de nombreux lycéens désireux de mettre toutes les chances de leurs côtés pour réussir leurs études de santé une fois le baccalauréat en poche.
Le service des informations et des études statistiques (Sies) du ministère de l’Enseignement supérieur a dévoilé, jeudi 27 novembre, de nouveaux chiffres susceptibles d’intéresser les futurs candidats et leurs parents. Dans ce document, consacré au parcours et à la réussite des étudiants en filière Pass et L.AS (les deux voies d’accès qui ont remplacé le système Paces), le service statistique a épluché les résultats d’admission des plus de 34 000 étudiants inscrits au sein des filières MMOPK (médecine, maïeutique, odontologie, pharmacie et kinésithérapie) en 2022-2023.
Les PASS réussissent mieux et redoublent moins
Verdict ? Comme les années précédentes, les étudiants inscrits en Pass continuent d’enregistrer de meilleurs taux de réussite que ceux issus de L.AS, aussi bien lors de la première année de MMOPK qu’à l’issue de la deuxième année. L’écart de réussite tend toutefois à se réduire. Ainsi, près de 34 % des néo-bacheliers (7 600) inscrits en PASS en 2022 ont accédé en un an à la deuxième année d’études de santé, contre 19,5 % de ceux en L.AS (2 300 étudiants). L’année précédente, ces taux s’élevaient respectivement à 36 % et 17 %.
La progression observée pour les étudiants en L.AS pourrait s’expliquer en partie par une concurrence moindre : seuls 3 % de redoublants étaient inscrits en première année de L.AS en 2022-2023, contre 12 % un an plus tôt, analyse le service statistique. Sur deux ans, l’avantage reste également en faveur des élèves de Pass, avec près de 14 % d’admis, contre 6 % pour les L.AS, un écart plus marqué qu’à la session précédente (respectivement 11,8 % et 6 %).
Les taux de redoublement en deuxième année de MMOPK varient fortement selon les filières : les étudiants de L.AS redoublent davantage en médecine (9,7 % contre 1,7 % pour les PASS), tandis que les PASS sont plus souvent concernés par le redoublement en pharmacie (13,9 % contre 13,2 %) et en maïeutique (10,5 % contre 7,1 %). Au global, le taux de redoublement en deuxième année de MMOPK s’établit à 4, 5 % chez les PASS et 8,5 % chez les L.AS.
Les L.AS en échec rebondissent mieux que les PASS
En revanche, en cas d’échec, les étudiants inscrits en L.AS perdent moins de temps et progressent plus rapidement dans les études que leurs camarades de Pass. Ainsi, 16 % des L.AS non admis en MMOPK sont en troisième année d’études en 2024, deux ans après leur première tentative.
Ces poursuites d’études « sans perte de temps » sont plus fréquentes parmi les étudiants en L.AS (22 %) que ceux en Pass (12 %). En 2024, le gros des effectifs des étudiants inscrits en troisième année d’étude se situait majoritairement en licence hors accès santé (71 %) ou en L.AS (25 %).
Pour répondre à ces importants écarts d’équité entre les deux filières, le gouvernement a annoncé fin octobre le lancement d’une grande concertation nationale pour réformer l’accès aux études de santé. Objectif : mettre en place un système « lisible, simplifié et équitable » d’ici la rentrée 2027 qui pourrait prendre la forme d’un parcours unique.
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