Le 5 août, le ministère de la Santé se félicitait d’une augmentation de 15 % du nombre global de postes d’internes en médecine entre 2025 et 2026, estimant que « la France franchit une nouvelle étape pour préparer la médecine de demain ». Une annonce qui ne satisfait pas les représentants de la radiologie. Selon le Conseil national professionnel de la radiologie et de l'imagerie (G4), le nombre de postes en radiologie et imagerie médicale n’augmentera en effet que de 1,5 % en 2026. La profession souligne que les effectifs restent ainsi inférieurs de près de 10 % à ceux de 2015, après plusieurs années de stagnation et de baisse.
Des besoins en hausse
Dans un communiqué diffusé le 24 août, les représentants de la spécialité rappellent la place centrale de l’imagerie dans la prise en charge des patients, en ville comme à l’hôpital, en activité programmée comme dans le cadre des urgences et de la permanence des soins. Ils alertent notamment sur les conséquences des difficultés d’accès à l’imagerie, susceptibles de retarder certains diagnostics et prises en charge. « Quel médecin, quel patient, n'a pas vu un diagnostic retardé, quelquefois de façon dramatique, une prise en charge inadaptée, un suivi de cancer impossible, en raison de difficultés et de lenteurs d'accès à l'imagerie ? Quel est le futur du dépistage des cancers ? », lit-on. Le développement de la radiologie interventionnelle constitue également un enjeu majeur, avec la multiplication de procédures mini-invasives guidées par l’imagerie, comme les destructions tumorales percutanées, les revascularisations ou encore les cimentoplasties vertébrales, soulignent les radiologues inquiets.
Plus de 40 % des postes hospitaliers vacants
Pour le G4, la faiblesse des effectifs formés risque de maintenir la radiologie comme un « goulot d’étranglement » de l’accès aux soins. Le CNP affirme que plus de 40 % des postes de radiologues dans les hôpitaux sont actuellement vacants.
Dans le secteur libéral, les représentants de la profession font également état de fermetures de cabinets faute de successeurs, y compris dans les grandes agglomérations et leurs banlieues. Ils estiment que le maillage territorial de l’offre d’imagerie se dégrade dans de nombreuses régions. Le G4 souligne par ailleurs le contraste avec les États-Unis, où le nombre d’internes en radiologie aurait augmenté de 23 % depuis 2010 et de 66 % depuis 2001.
Une capacité de formation supplémentaire
Les représentants de la radiologie estiment que les CHU et les facultés françaises pourraient accueillir chaque année 30 % de radiologues supplémentaires en formation. Réunissant la Société française de radiologie, la Fédération nationale des médecins radiologues, le Syndicat des radiologues hospitaliers, le Collège des enseignants de radiologie de France et l’Union nationale des internes et jeunes radiologues, le CNP G4 demande un rendez-vous à la ministre de la Santé afin de discuter de ces effectifs et de leurs conséquences sur l’accès aux soins.
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