Pataquès aux ECNi : un dossier clinique « recyclé », le CNG n'exclut pas une nouvelle épreuve jeudi

Par Christophe Gattuso
Par Sophie Martos
Publié le 20/06/2017
- Mis à jour le 20/06/2017

Les épreuves classantes nationales informatisées (ECNi) ne sont décidément pas un long fleuve tranquille.

Alors que les organisateurs se réjouissaient, lundi soir, du succès technique de la première journée des épreuves, les candidats ont eu la désagréable surprise d'apprendre que le 4e dossier clinique progressif sur lequel ils ont planché lundi avait déjà été soumis lors des ECNi tests en 2016 puis en annale en prépa privée. 

L'information a été remontée au Centre national de gestion (CNG) où siège le président du conseil scientifique et du jury pour les épreuves. Une réunion a eu lieu ce mardi pour décider de la marche à suivre, comme l'a annoncé lundi soir l'Association nationale des étudiants en médecine de France (ANEMF). 

Décision attendue mercredi 21 juin

Une expertise juridique est en cours auprès du ministère de l'Enseignement supérieur et du conseil scientifique pour définir s'il y a eu « rupture d'égalité des chances ». Le taux de réussite à ce DCP va être étudié. Le verdict est attendu ce mercredi en fin de matinée et les étudiants sauront si l'épreuve est validée, si elle est neutralisée ou s'ils devront plancher à nouveau jeudi. « Les étudiants ont été informés de la possibilité d’une nouvelle épreuve jeudi matin », confie le CNG au « Quotidien »

Ce désagrément est très mal vécu par les carabins déjà soumis au stress de ce rendez-vous important pour la suite de leur cursus. Certains ne comprennent pas qu'une annale ait pu être retenue aux ECNi et estiment qu'il s'agit d'une rupture d'égalité entre les candidats. 

Cette affaire illustre bien la complexité de l'organisation des ECNi, « des épreuves d'une complexité absolue et sans équivalent », comme le relevait la directrice du CNG Danielle Toupillier. En l'occurrence, la responsabilité ne revient pas au CNG, chargé de l'organisation logistique et de la sécurisation des épreuves, mais au conseil scientifique de médecine (ex-CNCI), à qui il revient de choisir les sujets. 

Manque de respect

Pour la préparation des sujets, 24 groupes d'experts rédigent des dossiers en lien avec leur spécialité. Ils sont ensuite basculés dans la banque nationale des sujets. Enfin, un tirage au sort numérique est effectué sous l'égide du président du conseil scientifique et du ministère de l'Enseignement supérieur. « Le sujet 2016 a été supprimé de la banque l'année dernière et réintroduit cette année après une nouvelle expertise. Néanmoins, les étudiants n'ont pas tous eu accès à la même préparation », explique Antoine Oudin, président de l'ANEMF.

Pour le chef de file de l'ANEMF, la décision doit impérativement tomber rapidement. « Les candidats vivent ce moment comme un manque de respect envers eux et leur travail. Cette situation est anxiogène et personne ne rassure les étudiants pour le moment », souligne-t-il.

L'an dernier, un des 18 cas cliniques soumis aux candidats avait déjà été proposé (au moins en partie) lors de sessions d'entraînement à des carabins de Lyon-Est.


Source : lequotidiendumedecin.fr
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