Les nouvelles recommandations nutritionnelles de Santé publique France invitent à « changer les habitudes »

Par Elsa Bellanger
Publié le 23/01/2019
- Mis à jour le 15/07/2019
nutri score

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Crédit photo : S. Toubon

Augmenter sa consommation de fruits à coque non salés et de légumes secs, aller vers des produits de saison, produits localement et si possible bio, mais aussi réduire sa consommation de viande et le temps passé assis ou encore s'appuyer sur l'étiquettage Nutri-Score pour orienter les choix... Les nouvelles recommandations de Santé publique France sur l’alimentation, l’activité physique et la sédentarité, publiées hier, rappellent les grands principes d’une alimentation et d’une nutrition favorables à la santé et invitent à « changer les habitudes ».

7 millions d'adultes en surpoids ou obèses

Réparties en trois groupes (augmenter, aller vers et réduire), ces recommandations, élaborées par un comité d’experts, fixent des orientations plutôt que des objectifs. « Ces formulations sont perçues comme moins contraignantes par le grand public. Elles suscitent un changement progressif, s’adaptant au rythme de chacun », explique Anne-Juliette Serry, responsable de l’Unité Alimentation et Activités physiques à Santé publique France. L’enjeu est de diffuser un message le plus efficace possible à la population, alors que près de la moitié des adultes français sont en surpoids ou obèses, « soit près de 7 millions (un tiers en surpoids, 17 % d’obèses) », souligne Santé publique France.

Une dégradation des consommations alimentaires

Inscrite dans le cadre du 4e Programme national nutrition-santé (PNNS), cette campagne pointe la « nécessité de créer des environnements qui facilitent les choix favorables à la santé, particulièrement pour les enfants et les publics défavorisés », insiste Santé publique France. L'agence constate un accroissement de certaines inégalités sociales de santé ces dernières années, « témoignant d’une dégradation des consommations alimentaires chez les moins diplômés (notamment une hausse de la consommation de produits sucrés chez les femmes) ». Reste que la qualité de l’alimentation se dégrade également chez les plus diplômés avec par exemple une baisse de la consommation de fruits et légumes chez les enfants, toutes catégories sociales confondues.

Parmi les principales nouveautés de ces recommandations, Santé publique France met l’accent sur la baisse de la consommation de viandes (500 g maximum par semaine pour la viande et 150 g maximum par semaine pour la charcuterie), sur la croissance de la consommation de légumes secs (lentilles, haricots, pois chiches, etc.), de produits céréaliers complets et peu raffinés ou encore de fruits à coque non salés (noix, noisettes, amandes et pistaches non salées).

Concernant l’activité physique, au moins 30 minutes d’activités physiques dynamiques par jour sont recommandées, ainsi que des activités de renforcement musculaire, d’assouplissement et d’équilibre deux fois par semaine. Afin de limiter les effets délétères de la sédentarité sur l’organisme, les travailleurs « assis » sont invités à « marcher un peu toutes les 2 heures ». Enfin, sur l’alcool, une réduction de la consommation est encouragée : une limite est fixée à deux verres par jour (pas plus de dix verres par semaine) et « pas tous les jours », et ce, quel que soit l’alcool concerné !