Sidaction : la crainte d’une « banalisation »

Par
Elsa Bellanger -
Publié le 05/04/2019
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Crédit photo : DR

Pour la 25e édition du Sidaction, qui se déroule ce week-end, dès ce soir et jusqu’à dimanche, l’association créée en 1994 s’inquiète d’une « banalisation » de la maladie, alors que « le virus est toujours là », martèle Françoise Barré-Sinoussi, présidente de Sidaction, co-découvreuse du virus au début des années 80 et prix Nobel de médecine en 2008. Les experts de la Conférence internationale sur le sida craignent même « un retour de l'épidémie ».

Les estimations font état de 172 000 porteurs du VIH en France, dont 24 000 le sont sans le savoir. Selon les derniers chiffres publiés fin mars par Santé publique France, 6 400 personnes ont appris leur séropositivité en 2017 en France, un nombre qui ne baisse plus. Ces chiffres laissent supposer que « l’augmentation du dépistage a sans doute peu bénéficié aux populations les plus exposées au VIH », observe l'Agence dans un communiqué.

Autre fait inquiétant, un sondage de l’association Sidaction, publié l’an dernier, révèle une méconnaissance croissante du sida de la part des jeunes. En effet, 23 % des 15-24 ans s’estiment mal informés sur le virus et le même taux pense qu’on peut guérir du sida.

Ces résultats démontrent la nécessité de maintenir les efforts de prévention et de dépistage. Le remboursement d’une marque de préservatif est en ce sens une « excellente nouvelle » pour Eric Caumes, chef du service de maladies infectieuses et tropicales à la Pitié-Salpêtrière, qui regrette cependant que le remboursement ne soit pas à 100 %. Selon lui, « le préservatif reste le seul moyen efficace de protection contre toutes les infestions sexuellement transmissibles (IST). Il est pourtant absent des campagnes de prévention, alors même que le nombre de personnes atteintes d’IST progresse ».

Cette nouvelle édition de Sidaction, mais aussi l’organisation, le 10 octobre à Lyon, de la conférence de financement du Fonds mondial contre le sida, la tuberculose et le paludisme, peuvent être des occasions de renouveler les discours de prévention et peut-être d’étendre le remboursement à toutes les marques de préservatif.

 

 


Source : lequotidiendumedecin.fr