Un combat pour l'intégration

Par
Jean Paillard -
Publié le 13/09/2018
cluzel

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Crédit photo : SEBASTIEN TOUBON

« Je suis tombée dans la marmite du handicap il y a 22 ans », explique l’actuelle Secrétaire d’État, mère de quatre enfants dont la dernière est née avec une trisomie 21. Sophie Cluzel, sourire volontaire et regard bleu décidé, est fière d’être issue de la société civile, comme la moitié des membres du gouvernement : « c’est une vraie richesse pour ce collectif que ces regards croisés, » estime-t-elle. Cet ancien cadre qui a d’abord travaillé en entreprise aux États-Unis et en France raconte qu’elle a interrompu sa carrière, « comme beaucoup de parents pour me consacrer à la stimulation, à l’éducation et, puis, petit à petit, à créer une association, puis un collectif, puis une fédération. » « Je me suis dit qu’il fallait qu’on arrive à changer la donne et qu’on normalise complètement le parcours des enfants handicapés, quel que soit le handicap » explique-t-elle, pour résumer son combat pour la scolarisation des enfants handicapés.

Et rapidement, ce leitmotiv prend de l’ampleur. Elle est la fondatrice du collectif SAIS 92 et de l’association Grandir à l’école puis de la FNASEPH (Fédération nationale des associations au service des élèves présentant une situation de handicap). En janvier 2012, elle organise le premier Grenelle de l'intégration des jeunes handicapés dans la société, au cours duquel près de 50 associations locales ou nationales rédigent une plateforme de mesures qui sont transmises aux candidats à l'élection présidentielle. 

C’est lors de la présidentielle suivante qu’elle s’engage en politique et soutient Emmanuel Macron : « J’ai rencontré comme à chaque élection les candidats en campagne et j’ai trouvé une résonance dans la vision de la personne handicapée qu’il avait. J’ai travaillé un peu plus sur le projet politique handicap. Et quand il a été élu, il m’a demandé de porter cette ambition. Ça ne se refuse pas quand on a milité pendant vingt ans, qu’on est parent et qu’on a l’occasion de changer la donne. Et immédiatement, on a rattaché ce secrétariat d’État au premier ministre. C’était un signal très fort pour toutes les personnes en situation de handicap et les associations. »

J.P.

Source : Le Quotidien du médecin: 9685