MDMA : après la noyade de son fils interne, un médecin alerte sur cette drogue

Par
Paul Bretagne -
Publié le 12/10/2019

Crédit photo : AFP

De quoi est vraiment mort le jeune Martin Pennica dans la nuit du 18 au 19 janvier dernier à Bordeaux ? Le décès accidentel de cet interne en ORL de 24 ans, dont le corps a été retrouvé en mars dans la Garonne n’a jusqu’à ce jour jamais été élucidé. Son père, médecin à La Réunion, est pourtant persuadé que la mort de son fils a pour origine une ingestion de MDMA, cette drogue dérivée de l’Ecstasy, dont la consommation explose.

C’est le témoignage d’un confrère - l’urgentiste Martin Chassang dont le fils est décédé récemment d’overdose à Paris — qui a poussé le chirurgien ORL de La Réunion à mettre son hypothèse sur la place publique pour mieux mobiliser l’opinion.

Le Dr Angelo Pennica évoque un fils aussi brillant que sans problème, qui après avoir franchi du premier coup le cap du numerus clausus à la faculté de St-Denis avait choisi ORL, grâce à son excellent classement (121e) aux ECN. A l’époque du drame, ce fan de rugby était en premier semestre d’internat. Son père décrit un garçon « équilibré, sportif, sans problème relationnel ».

Un produit de plus en plus dangereux 

Les études, les copains, l’hôpital… Tout allait bien pour Martin, jusqu’à ce soir de janvier qui lui fut fatal. Comme plusieurs dizaines d’autres jeunes retrouvés dans la Garonne avant lui. Pour le Dr Pennica, pas de doute : « d’entrée, ses amis l’ont dit : il avait pris de la MDMA. Et la police aussi, en a parlé tout de suite. On le savait dès le premier soir. »

Avec les amphétamines, le MDMA fait partie des drogues de synthèse. Selon les dernières observations de l’OFDT, « les ecstasys présentent des teneurs en constante augmentation pour atteindre des niveaux très supérieurs à ce qui pouvait être observé dans les années 2000 ».

Avec le recul, le Dr Angelo Pennica tente de remonter le fil de l’histoire : « Avec l’alcool, on n’a jamais de réactions de ce type, avec des jeunes qui sautent la tête la première. J’ai découvert cela à l’occasion du décès de mon fils. Je ne savais pas que cela circulait comme cela, » dit-il. Le témoignage bouleversant qu’il a adressé au « Quotidien » (voir le texte ci-dessous), vise à interpeller ses confrères. « Attention, il ne faut pas banaliser la crise d’épilepsie des ados », alerte-t-il, évoquant une drogue qui désinhibe et provoque des hallucinations. 

Paul Bretagne

Source : lequotidiendumedecin.fr