Jugés trop dépensiers, infirmiers et kinés répliquent à la Cour des comptes

Par Christophe Gattuso
Publié le 17/09/2015
- Mis à jour le 12/07/2019

L’Ordre des infirmiers et les syndicats de kinés contestent la vision « purement comptable » de la Cour des comptes qui a épinglé dans son rapport annuel publié mardi, la « dynamique très vive » des dépenses des deux professions. Les remboursements de soins infirmiers et en kinésithérapie sont en hausse de 5,7 % par an depuis 2000, et ont atteint 10 milliards d’euros en 2014 pour les deux professions.

« Cette évolution est voulue et facilitée par les pouvoirs publics eux-mêmes, proteste l’Ordre infirmier. Les soins infirmiers se développent depuis plusieurs années et on peut s’étonner que la Cour des comptes s’en offusque aujourd’hui. »

Plusieurs programmes de retour à domicile (PRADO) ont été mis en place ces dernières années, auxquels participent les infirmiers libéraux « principaux professionnels de santé à se rendre encore au domicile des patients ». « Ce n’est certainement pas le prix des actes qui tire à la hausse les dépenses globales puisque la profession n’a bénéficié d’aucune hausse de tarifs ces deux dernières années », conclut l’Ordre.

Dépassements marginaux ?

Les syndicats de kinés déplorent eux-aussi l’approche exclusivement « comptable » des magistrats de la rue Cambon. Or, plaide la FFMKR (1), l’évolution des dépenses de la profession s’explique par des raisons objectives : croissance des effectifs, retours à domicile plus précoces... Surtout, la profession s’est retroussée les manches avec « une quinzaine de référentiels couvrant près de 40% de son exercice limitant le nombre de séances ». Quant aux dépassements d’honoraires en hausse, ce serait une « pratique marginale », assure le SMKRP (2). « La CPAM de Paris indique que deux tiers des actes de kinésithérapie effectués à Paris le sont à tarif opposable », ajoute le syndicat.

Côté praticiens, la proposition de la Cour des comptes de créer une « enveloppe de prescriptions par médecin » pour limiter strictement le recours aux infirmiers et aux kinés est balayée par l’Union française pour une médecine libre (UFML). « Les professionnels verront-ils leurs honoraires arbitrairement baisser en cours d’année en raison de la menace de dépassement de leur enveloppe initiale ?», s’interroge l’association, fermement opposée au retour des lettres clés flottantes.

(1) Fédération française des masseurs-kinésithérapeutes rééducateurs

(2) Syndicat des masseurs-kinésithérapeutes rééducateurs de Paris


Source : lequotidiendumedecin.fr