À la suite d'un rapport du Conseil d'État qui recommande de lever l'interdiction générale de publicité concernant les professions de santé libérales réglementées, le Centre national des professions libérales de santé (CNPS, qui fédère les syndicats de professionnels de santé libéraux) affiche ses craintes.
Si le CNPS apprécie l'idée d'un affichage plus libre des « différentes informations relatives à la formation et aux spécialités ou surspécialités », ce qui permet aux professionnels de « s’adapter aux exigences des patients », il se dit « très réservé sur l’introduction de la publicité » – bien que l'avis ne propose pas de l'introduire, mais de supprimer son interdiction.
Le CNPS se méfie « d’une dérive commerciale du secteur de la santé » qui ne serait ni dans l’intérêt des patients ni dans celui des financeurs. L'organisme présidé par le Dr François Blanchecotte s'imagine mal « comment le gouvernement pourrait à la fois prôner la pertinence des actes et la compétition commerciale entre les acteurs du soin ».
« La communication publicitaire qu’ont récemment utilisée les centres de santé a démontré les excès des démarches commerciales, rappelle le CNPS. Lorsque la principale préoccupation n’est plus de soigner mais de rentabiliser les investissements publicitaires, on aboutit à des catastrophes de type Dentexia. »
La structure interprofessionnelle demande donc « qu’aucune décision ne soit arrêtée sans discussion préalable avec les représentants des professions concernées ».
Les regrets du SML et de la CSMF
Le Syndicat des médecins libéraux (SML) et la branche des médecins à expertise particulière de la CSMF (UNAMEP-CSMF) ont également exprimé leurs doutes, mais de façon différente. Pour les deux syndicats, le rapport ne va pas assez loin. Ils regrettent que les praticiens libéraux ne bénéficient toujours pas de la même liberté de communication que les professionnels ni médecins ni paramédicaux, les « NiNi » (ostéopathes, psychologues, etc.), cette différence de traitement faisant le jeu de ces derniers.
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