État d’urgence : la loi de santé « n’est pas une priorité », clame la FMF dans une affiche syndicale

Par
Henri de Saint Roman -
Publié le 20/11/2015

Les syndicats de médecins libéraux qui réclamaient à cor et à cri un moratoire sur l’examen du projet de loi de santé n’ont été que très partiellement entendus par le gouvernement. Après trois reports symboliques liés aux attentats de Paris, l’exécutif a en effet fixé l’examen du texte en nouvelle lecture par l’Assemblée nationale au mardi 24 novembre alors que la profession réclamait au minimum de renvoyer la discussion sur ce texte après la grande conférence de santé (11 février 2016).

Rigidité gouvernementale

La décision gouvernementale de reprendre très rapidement l’examen parlementaire de la loi Touraine exaspère la FMF. Le syndicat publie une affiche explicite que ses adhérents sont invités à placarder partout : « Parmi les actions suivantes, laquelle n’est pas une priorité ? », interroge le syndicat de Jean-Paul Hamon avant de proposer quatre réponses : assurer notre sécurité, faire voter la loi de santé (choix coché), lutter contre le terrorisme ou permettre l’union nationale. « Peut-être n’avons-nous pas la même notion des priorités », se désole la FMF.

Le Dr Hamon ne décolère pas. « Le gouvernement en appelle à l’unité nationale à la suite des attentats de la semaine dernière, rappelle-t-il, mais dans la foulée, il nous impose une loi clivante ».

La FMF est d’autant plus remontée contre cette « rigidité gouvernementale » que l’état d’urgence prolongé pour trois mois risque d’empêcher la profession de manifester contre le projet de loi. Les médecins sont « muselés », résume le président de la FMF.

H.S.R.

Source : lequotidiendumedecin.fr