18 ans de réclusion criminelle requis contre un généraliste du Cher accusé de viols par ses patientes

18 ans de réclusion criminelle requis contre un généraliste du Cher accusé de viols par ses patientes

Marie Foult
| 27.06.2018
  • accusé viol

Depuis le 11 juin dernier, un médecin généraliste de 68 ans est jugé devant la cour d'assises de Bourges (Cher), pour viols aggravés et atteinte à l’intimité de la vie privée. Accusé de viol par 36 femmes sur lesquelles il aurait pratiqué des touchers vaginaux prolongés (certaines plaignantes auraient été filmées), il encourait 20 ans de réclusion criminelle. Ce mercredi après-midi, l'avocat général a requis un peu moins : 18 ans de réclusion criminelle pour ce médecin qui exerçait à Argent-sur-Sauldre.

L'avocat général a également réclamé une peine de sûreté de neuf ans, comme le précisent nos confrères du « Berry Républicain », qui ont suivi le procès depuis le début. Selon le journal local, l’avocat général s’est appuyé dans sa réquisition sur les films réalisés à l’insu de neuf patientes, lors de ce que l’accusé présente comme des examens gynécologiques, mais qui sont des viols selon l’accusation.

« Le comportement du Dr D, sa volonté de transformer en chose ses patientes, éclate pour ces neuf personnes filmées. Ces vidéos montrent le fondement et l’essentiel de la pratique du Dr D, ses pulsions », a notamment déclaré le représentant du ministère public. Il a aussi souligné « la cohérence entre toutes les déclarations » des plaignantes, qui comportent des constantes : « multiplicité des positions, des touchers vaginaux, qui montrent bien qu’on est dans un cadre unique, global ».

Ne pas faire pression

L’avocat général a par ailleurs évoqué la notion de viol par surprise, relate le « Berry Républicain ». C'est l’une des quatre circonstances possibles pour qualifier un viol, avec la violence, la menace ou la contrainte. « Un médecin doit dire aux personnes ce qu’il va faire et pourquoi. Sans faire pression. Dans cette affaire, nous avons des patientes qui disent : "Je n’étais pas trop d’accord mais il était sacrément insistant. Il disait que c’était nécessaire " », a expliqué le magistrat. Nous avons un défaut d’information qui entraîne un défaut de consentement. Plus pernicieux : dire à une femme enceinte de songer à son bébé, que si on ne fait pas l’examen, la patiente en portera la responsabilité. »

L’affaire avait éclaté en novembre 2014 lorsqu’une jeune femme de 18 ans avait porté plainte après avoir subi de longs touchers vaginaux digitaux et un spéculum, alors qu'elle se plaignait d'avoir mal au ventre et d'être fiévreuse. Elle avait aussi évoqué la présence d’un caméscope dans la salle de consultation.

Aujourd’hui à la retraite depuis le déclenchement de cette affaire, le praticien a reconnu avoir réalisé les films à l’insu des patientes mais nie les viols digitaux et avec un spéculum. Le verdict des juges et du jury populaire est attendu pour ce vendredi 29 juin, après les plaidoiries des avocats des deux parties.

Source : Lequotidiendumedecin.fr

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