Les cyclistes français du Tour vivent plus longtemps que le reste de la population

Les cyclistes français du Tour vivent plus longtemps que le reste de la population

03.09.2013
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Les cyclistes français du Tour vivent en moyenne 6 ans de plus que les Français du même âge, malgré les affaires de dopage et les décès dramatiquement prématurés de certains d’entre eux comme Tom Simpson, Marco Pantani ou Laurent Fignon.

C’est en tout cas, le résultat surprenant de l’étude française sur les causes de décès parmi les meilleurs cyclistes français présentée ce mardi au congrès de la Société européenne de cardiologie (ESC) qui se tient à Amsterdam jusqu’à mercredi.

Pour cette étude réalisée à l’occasion du centenaire de la Grande boucle, les chercheurs ont analysé les données de 786 cyclistes français engagés dans le Tour depuis sa reprise en 1947 après la fin de la dernière guerre mondiale et jusqu’en 2012.

208 décès

Les Français représentent 30 % de tous les engagés dans le Tour, qui en ont au moins terminé un. Les participants de l’étude ont été suivis pendant 37,4 ans en moyenne pour un âge médian de 25 ans lors de leur première course.

L’étude révèle que 208 d’entre eux (26 %) étaient décédés au 1er septembre 2012 (taux de mortalité standardisé de 0,59) soit un taux de mortalité plus faible de 41 % par rapport à celui de la population générale. Les deux principales causes de décès chez les cyclistes sont les néoplasies (32,2 %) et les maladies cardiovasculaires (29 %) mais à des taux inférieurs à ceux de la population générale respectivement de 44 % (TMS de 0,56) et de 33 % (TMS de 0,67).

Les cancers les plus fréquemment en cause sont les cancers digestifs (35 %), pulmonaires (22 %) et le cancer de la prostate (7 %).

Concernant la troisième cause de décès, représentée par les causes extérieures, généralement traumatiques, le TMS est de 1,06 soit un taux de mortalité proche de celui observé en population générale.

Risques d’accidents chez les moins de 30 ans

Au total, la durée de vie de ces cyclistes est en moyenne de 6,3 ans de plus que celle de la population générale masculine. L’allongement de la durée de vie des cyclistes est observé quelle que soit la période, que ce soit pendant les années 1947-1970 où existaient des soupçons d’une utilisation de cocaïne et d’amphétamines, qu’au cours des années 1971-1990 où apparaissent les androgènes et les stéroïdes anabolisants ou que durant les dernières années (1991-2012) qui, selon les révélations de nombreux cyclistes dont Lance Armstrong ont été celles de l’hormone de croissance et de l’érythropoïétine (EPO).

L’étude montre également que l’allongement de la durée de vie est aussi observé quelles que soient les tranches d’âge sauf chez les moins de 30 ans. Cette tranche d’âge affiche un taux de mortalité supérieur à 1 (1,65) mais non significatif. Il retrouve un taux identique à celui de la population générale, principalement en raison « d’une fréquence particulièrement élevée des accidents de la route et des accidents pendant la course », souligne le Pr Xavier Jouven qui a présenté les résultats lors du congrès de l’ESC.

Résultats rassurants pour le haut niveau mais...

Ce dernier souligne l’importance de ces résultats compte tenu des inquiétudes récentes sur les risques liés à la pratique sportive de haut niveau. « Même si nos résultats sont plutôt rassurants, et qu’aucun décès n’a été enregistré depuis 1990, nous devons rester prudents car notre étude ne peut évaluer le risque potentiel du dopage » au cours des dernières années, rappelle-t-il.

Sur la période étudiée (1947-2012), « la mortalité (toutes causes) de ces sportifs de haut niveau est de 41 % plus faible que celle des autres hommes vivant en France », explique pour sa part le Pr Jean-François Toussaint de l’IRMES (Institut de recherche médicale sur le sport). Concernant le dopage, « il n’y a aucune différence de mortalité, même si pour la période la plus récente, au début des années 1990, celle de l’entrée massive de l’EPO et de l’hormone de croissance, qui a débouché sur l’affaire Festina et les aveux de Lance Armstrong, il n’y a pas assez de recul sur le long terme ». Et d’ajouter : « Pour l’instant, il n’y a pas d’impact mesurable » sur la dernière génération d’athlètes.

 Dr LYDIA ARCHIMÈDE
Source : Lequotidiendumedecin.fr
Commenter 4 Commentaires
 
04.09.2013 à 13h56

« Vu que les cyclistes pro ont été comparés avec la population moyenne masculine et vu l'hygiène de vie de cette dernière, la seule conclusion qu'on peut tirer de cette étude c'est que
SPORT + dopage Lire la suite

Répondre
 
04.09.2013 à 08h43

« Cette étude est rétrospective ! Elle concerne les anciens cyclistes (ceux qui n'ont pas été foudroyés dans leur effort comme Simpson). »

Répondre
 
FREDERIC M Médecin ou Interne 04.09.2013 à 08h26

« Vive le dopage ! »

Répondre
 
03.09.2013 à 22h33

« C'est le pot belge ! Ah zut , c'est pas français. Mais, comme le souligne l'article, il n'y aurait pas assez de recul ! Comment , dans ce cas, peut-on en tirer des conclusions autres que les constat Lire la suite

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