Grossesses précoces : moins nombreuses mais une mortalité inacceptable

Grossesses précoces : moins nombreuses mais une mortalité inacceptable

28.06.2012
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    Grossesses précoces : moins nombreuses mais une mortalité inacceptable

Selon l’organisation non gouvernementale britannique « Save the Children », environ 50 000 adolescentes meurent chaque année dans le monde de complications liées à la grossesse et à l’accouchement. L’ONG dénonce « un scandale mondial » dans un rapport intitulé « Comment le planning familial sauve la vie des enfants » publié avant la conférence sur le planning familial qui doit se tenir à Londres le 11 juillet prochain, à l’initiative du gouvernement britannique et de la Fondation Bill & Melinda Gates.

Dans le monde, une fille sur cinq devient mère avant d’avoir 18 ans, selon le rapport, qui note que le risque de mourir pendant sa grossesse ou en couches est cinq fois plus élevé pour une fille âgée de moins de quinze ans que pour une femme d’une vingtaine d’années. « C’est une tragédie non seulement pour ces filles mais aussi pour leurs enfants : les bébés ont 60 % plus de risques de mourir si leur mère a moins de 18 ans », affirme Justin Forsyth, directeur « Save The Children ».

L’ONG alerte aussi sur les risques des grossesses rapprochées, estimant que le respect d’un intervalle de 36 mois entre deux naissances permettrait d’éviter 1,8 million de décès d’enfants de moins de cinq ans chaque année. Selon l’organisation, ces grossesses sont « intrinsèquement liées » aux mariages précoces alors qu’on estime « à 10 millions, le nombre de filles de moins de 18 ans qui sont mariées chaque année, soit plus de 25 000 par jour ».

Au Nord aussi

Le bilan donné par l’Institut national d’études démographiques (INED) est moins alarmiste (consulter ce document sur le site de l'INED). « L’attention des médias pour les maternités précoces et leur place dans le débat public pourraient laisser penser que leur fréquence augmente. En réalité elle diminue presque partout dans le monde », explique Gilles Pison dans le numéro de juin du bulletin de l’INED, « Population et sociétés ». La fécondité précoce est élevée en Afrique subsaharienne et à moindre degré en Amérique latine, en Asie du Sud (Inde, Bangladesh, Pakistan, Afghanistan), dans une partie du Moyen-Orient, en Russie et en Europe de l’Est. « Elle est faible en comparaison en Chine, en Australie, en Europe (sauf en Europe de l’Est), en Amérique du Nord (sauf aux États-Unis) et en Afrique du Nord », précise-t-il. L’évolution à la baisse est due à l’augmentation de l’âge au mariage, la scolarisation et l’emploi des femmes et les nouvelles aspirations chez les jeunes.

Toutefois, le spécialiste le reconnaît : « Si les maternités précoces sont moins fréquentes qu’autrefois, elles n’ont pas pour autant disparu, notamment dans les pays du Nord ». Dans ces régions, les chiffres de maternités précoces sont à mettre en relation avec ceux des interruptions volontaires de grossesses (IVG) chez les jeunes. Le Royaume-Uni, l’Irlande et les États-Unis se distinguent par une fréquence élevée des maternités précoces, souvent hors mariage, perçues comme un « grave problème social ».

La France a, elle, une position moyenne en Europe que ce soit pour les naissances ou les IVG. Le spécialiste note par ailleurs : « Les sociétés ont du mal à accepter ces grossesses adolescentes alors qu’elles toléraient sans problème les grossesses de très jeunes femmes au sein du mariage. » Selon lui, l’écart reste à combler aussi bien au Sud qu’au Nord, « les services sanitaires et sociaux (étant) loin d’offrir aux jeunes filles les moyens de vivre pleinement leur sexualité tout en respectant leurs choix de fécondité ».

 Dr LYDIA ARCHIMÈDE
Source : Lequotidiendumedecin.fr

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