En France, si le nombre de décès par suicide est stable, les hospitalisations de jeunes filles pour tentative de suicide ou automutilation continuent de progresser, révèle le dernier baromètre de Santé publique France (SPF) sur les pensées suicidaires et tentatives de suicide, publié ce 10 octobre, à l’occasion de la journée mondiale de la santé mentale.
Avec 8 848 décès recensés en 2023, le nombre de suicides apparaît en recul de 4 % par rapport à 2022, soit un taux standardisé de 13 décès pour 100 000 habitants. Ce sont principalement des hommes (75,1 %), avec des taux plus élevés chez les 65 ans et plus (37 décès pour 100 000 hommes) et les 45-64 ans (29/100 000). Parmi les 65 ans et plus, le taux atteint même 76 décès pour 100 000 hommes chez les 85 ans et plus. Chez les femmes également, les plus âgées sont les plus touchées : le taux de décès des 85 ans et plus atteint 12 décès pour 100 000 femmes, contre 10 pour 100 000 parmi les femmes de 45 à 65 ans.
En milieu carcéral, les taux de décès par suicide restent bien plus importants qu’en population générale : ils sont 10 fois plus élevés pour les hommes (174/100 000) et 40 fois plus élevé chez les femmes (231/100 000).
Après une baisse, les pensées suicidaires repartent à la hausse
Les tentatives de suicide déclarées au cours de la vie entière sont elles aussi en recul, la prévalence nationale s’élevant à 5,4 %, contre 6,6 % en 2017 et 7,1 % en 2021. À noter néanmoins que les tentatives au cours des 12 derniers mois restent stables (0,4 % des adultes de 18 à 79 ans). En revanche, les pensées suicidaires au cours des 12 derniers mois sont en légère augmentation. Après avoir diminué entre 2017 et 2020 (passant de 4,7 % à 4,2 %), la prévalence est repartie à la hausse en 2024 à 5,2 %.
Environ un suicide sur deux (51 %) résultait d'une pendaison (55 % chez les hommes, 37 % chez les femmes). C’est la modalité la plus fréquemment enregistrée dans les certificats de décès de l'année 2023 pour les deux sexes. Suivent les armes à feu du côté des hommes (12 % des décès chez les hommes contre 2 % chez les femmes), la prise de médicaments pour les femmes (27 % chez les femmes contre 7 % chez les hommes), confirmant la « prédominance des modalités violentes chez les hommes ».
Depuis la pandémie de Covid, une tendance inquiétante, déjà rapportée pour 2021-2022 et 2023, se confirme également. Les hospitalisations pour tentatives de suicide ou automutilations continuent de progresser chez les adolescentes et les jeunes femmes. Les taux atteignent 674 hospitalisations pour 100 000 femmes chez les 11-17 ans et 424 pour 100 000 chez les 18-24 ans, des taux « largement supérieurs aux autres classes d’âge », est-il noté. L’auto-intoxication médicamenteuse constituait le principal geste auto-infligé, cette modalité, privilégiée par les deux sexes, représente 77 % des séjours.
Côté prévention, le numéro dédié à la prévention du suicide (3114) a reçu 215 093 appels de juin à décembre 2024, soit une moyenne de 17 924 appels par mois. VigilanS, le dispositif de recontact et de veille post-hospitalier de prévention de la réitération suicidaire, a quant à lui intégré 41 777 personnes en 2024, soit une inclusion moyenne de 3 481 personnes par mois.
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