Effic'Asthme, l'appli pour apprendre aux parents à gérer les crises d'asthme de l'enfant

Par
Damien Coulomb -
Publié le 18/02/2019
Efficasthme02

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Efficasthme01

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Efficasthme03

Efficasthme03

Respiration sifflante, soulèvement alterné du thorax et de l'abdomen… pas de doute : ce jeune enfant virtuel de 2 ans est en train de faire une crise d'asthme dans sa chambre en 3 dimensions. Quelle action immédiate réaliser en pareil cas ? Désobstruer le nez ? Administrer du salbutamol en nébulisation ? Jugeant la crise peu sévère, le parent présent opte pour un anticholinergique inhalé et l'observation. Cinq minutes plus tard, la respiration revient à la normale, mais la crise a-t-elle été bien gérée pour autant ? En quelques manipulations, l'application Effic'Asthme sur laquelle a eu lieu cette simulation fournit quelques réponses : la vitesse d'administration a été satisfaisante, mais le nébuliseur n'a pas été secoué avant d'être utilisé.

Effic'Asthme est un simulateur virtuel destiné aux parents d'enfants asthmatiques. Il a été mis au point grâce au travail conjoint du laboratoire de simulation en santé Ilumens (université Paris Descartes) et d'une centaine de familles rassemblées par l'artisan principal du projet : le Dr David Drummond, chef de clinique assistant à l'hôpital Necker Enfant malade (Paris). Des pneumologues issus de ce même hôpital ont quant à eux fourni le contenu médical et scientifique.

Effic'Asthme dispose d'un espace d'accueil où les parents peuvent « customiser » un avatar pour qu'il ait l'âge, le poids, l'apparence et les caractéristiques cliniques de leur enfant. Ils indiquent aussi quel est le traitement de fond et le traitement d'urgence à leur disposition.

Lors de chaque scénario, le parent doit reconnaître les symptômes de la crise, déterminer la conduite à tenir et administrer les médicaments appropriés avec la bonne technique. Un carnet de crise d'asthme permet de suivre l'évolution de la pathologie, et l'application est également dotée d'un algorithme qui permettra au médecin traitant ou au pneumologue de voir d'un seul coup d'œil quelles sont les étapes précises de la réponse à la crise d'asthme au sujet desquelles des conseils d'éducation thérapeutiques sont nécessaires.

Cette application est née d'un constat : « En faisant faire des tests à des familles très éduquées et très impliquées dans la prise en charge de l'asthme de leur enfant, on constate qu'ils font des erreurs dans 50 % des scénarios, explique le Dr Drummond. Il y a donc de la marge d'amélioration, alors que dans le même temps, seulement 2 familles de patient su 1 000 en moyenne ont recours à l'éducation thérapeutique du patient via les écoles de l'asthme, notamment pour des questions de disponibilité et d'éloignement. »

De nouveaux scénarios seront débloqués à mesure que l’utilisateur progresse dans l'application. Les médicaments proposés sont ceux dont dispose les parents dans leur vie de tous les jours. Plusieurs options sont possibles : agripper le téléphone pour appeler les urgences pneumologiques, administrer le médicament de fond ou le médicament d'urgence, ou tout simplement attendre. Le vice du réalisme est poussé jusqu'à bloquer la libération du traitement d'urgence si l'on a oublié de retirer le capuchon de l'inhalateur. En cas d'échec complet, un module de correction dynamique prend le relais et guide l'utilisateur pas à pas.

« Nous avons déjà prévu d'assurer la maintenance de l’application pour les 2 ans à venir, et une version est prévue pour les téléphones et tablettes fonctionnant sur Android », précise le Dr Drummond. Seule la version IOS est pour l'instant disponible.

Cette tablette s'inscrit aussi dans le développement de la formation des étudiants sur simulateurs. « On se pose la question de l'utilisation des scénarios pendant les études de médecine », explique le Dr Drummond, qui précise préparer en ce moment un travail d'évaluation de l'intérêt de cette application en comparant le taux de recours aux services d'urgence de familles utilisant l'application et de familles à qui il a été interdit de le faire. « Le projet est prêt, il ne nous manque plus que le financement », conclut-il.

 


Source : lequotidiendumedecin.fr