Le vaccin contre le zona, à l’assaut des maladies cardiovasculaires ? 

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Publié le 04/09/2026

Une étude de « Nature Medicine » suggère que le nouveau vaccin recombinant contre le zona conférerait une protection significative à l’égard des maladies cardiovasculaires. 

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Crédit photo : Unsplash

Le vaccin recombinant Shingrix ne protégerait pas seulement du zona, mais aussi de certaines maladies cardiovasculaires. C’est du moins ce qui se dégage d’une étude de Nature Medicine publiée fin août.

Pour rappel, deux technologies vaccinales existent contre le zona : un vaccin vivant atténué, Zostavax, et un vaccin recombinant, Shingrix, qui s’est imposé dans plusieurs pays. Y compris en France, où Shingrix est recommandé (et remboursé) depuis fin 2024 chez les adultes immunodéprimés et les 65 ans et plus, en lien avec une meilleure efficacité vaccinale. Or la balance bénéfices-risques de Shingrix, déjà très positive, pourrait s’avérer plus importante encore que prévu. 

Des effets contre la démence ? 

Car depuis quelques années, des données émergentes suggèrent que la vaccination contre le zona pourrait protéger d’autres affections, bien au-delà du champ classique de l’infectiologie. En particulier, plusieurs études récentes dessinent une potentielle activité protectrice vis-à-vis des démences. Et là encore, le vaccin recombinant semble supérieur au vaccin vivant. En témoigne un travail observationnel d’une équipe d’Oxford, qui a comparé l’incidence des démences après vaccination par l’un ou l’autre des vaccins, avec des résultats en faveur de Shingrix.

De quoi pousser ces auteurs à aller plus loin et à s’interroger sur une potentielle activité de Shingrix contre les maladies cardiovasculaires. « On sait que les démences sont pour la plupart mixtes, avec une composante vasculaire », plaide le Pr Maxime Taquet, professeur associé au département de psychiatrie de l’université d’Oxford, impliqué dans ces recherches.

Or, en matière d’impact cardiovasculaire potentiel de la vaccination contre le zona, la littérature disponible concerne encore surtout Zostavax, et reste contradictoire. « Des études ont suggéré que le Zostavax pourrait réduire le risque de maladie cardiovasculaire mais leur méthodologie est peu fiable », déplore le Pr Taquet. Car ces travaux tombent dans le biais du healthy vaccinee en comparant l’incomparable : personnes ayant choisi de se faire vacciner et individus non vaccinés, différents et difficiles à apparier en termes statistiques. « Au contraire, la seule étude (plus robuste) sur le sujet est négative. » 

S’affranchir du biais de la personne vaccinée 

Dans ce cadre, l’équipe d’Oxford a décidé de se lancer dans un nouveau travail et de comparer directement l’impact potentiel de Shingrix et de Zostavax en termes d’incidence des maladies cardiovasculaires. L’avantage : s’affranchir du biais du healthy vaccinee, plaide le Pr Taquet. 

En pratique, les chercheurs ont choisi comme terrain de recherche les États-Unis, où la transition entre le vaccin vivant et le vaccin recombinant s’est opérée très rapidement en octobre 2017. Ont alors été recrutés 72 920 adultes de plus de 60 ans, tous vaccinés contre le zona, mais pour moitié quelques mois avant le passage à Shingrix, et pour l’autre moitié quelques mois après le passage à Shingrix. L’incidence d’un critère composite comprenant tout événement cardiovasculaire (AVC ischémique, cardiopathie ischémique ou insuffisance cardiaque) a été considérée dans chacun de ces deux groupes.

Des résultats attendus pour 2027 

Résultat : quelle que puisse être l’efficacité protectrice du Zostavax vis-à-vis des maladies cardiovasculaires, Shingrix semble bel et bien faire mieux que le vaccin vivant en la matière. Car selon le Pr Taquet, au bout de trois ans et demi de suivi, Shingrix était associé, par rapport à Zostavax, à une réduction de 12 % des maladies cardiovasculaires. Se dégage en particulier, ajoute le chercheur, une diminution de 16 % du risque d’insuffisance cardiaque, de 13 % du risque de cardiopathie ischémique, ou encore, chez les hommes, de 5 % du risque d’AVC. « Une association était aussi observée pour la fibrillation atriale », précise aussi l’étude. 

Certes, cet effet protecteur cardiovasculaire tendait à s’estomper au cours du temps. « Ce à quoi on peut s’attendre avec un vaccin », souligne le Pr Taquet. Cependant, au bout de sept ans de suivi, cet effet restait significatif. 

Quoi qu’il en soit, plusieurs questions restent en suspens. À l’instar des potentiels mécanismes physiopathologiques sous-jacents. « C’est très spéculatif, admet le Pr Taquet, mais on peut en imaginer deux principaux, pas mutuellement exclusifs. » Le premier concerne la prévention du zona, plus efficace avec le Shingrix qu’avec le Zostavax, et qui pourrait permettre de mieux éviter d’éventuelles maladies cardiovasculaires médiées par l’infection. Le deuxième concerne l’adjuvant AS-01 utilisé dans Shingrix. « Des études suggèrent que cet adjuvant peut reprogrammer certaines cellules du système immunitaire, et diminuer la production d’IL-6, impliquée dans diverses maladies cardiovasculaires », résume le Pr Taquet. 

Reste surtout à confirmer cet effet cardioprotecteur de Shingrix dans des études plus prospectives. Des essais cliniques sont lancés, notamment au Danemark. « Des résultats sont attendus pour 2027 », indique le Pr Taquet.


Source : lequotidiendumedecin.fr