Implant mammaire : l’INCa met à jour ses « conduites à tenir » face au risque de LAGC-AIM

Par
Elsa Bellanger -
Publié le 08/03/2019
implant mammaire

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Crédit photo : PHANIE

Dans la suite de l’interdiction des implants mammaires à texture Biocell du fabricant Allergan par l’Agence nationale de sécurité des médicaments (ANSM), l’Institut national du cancer (INCa) met à jour ses « conduites à tenir » en matière de surveillance des lymphomes anaplasiques à grandes cellules associés à un implant mammaire (LAGC-AIM).

Cet avis d’experts (le précédent date de 2016) intègre les dernières données disponibles et les conclusions du Comité Scientifique Spécialisé Temporaire (CSST) « Consultation publique sur les implants mammaires en chirurgie esthétique et réparatrice », réuni par l’ANSM début février. En effet, au 13 février 2019, 58 cas de LAGC confirmés ont été déclarés à l’ANSM. « S’il existe un lien avéré entre la survenue de cette pathologie et le port d’un implant mammaire, la fréquence de cette complication reste rare », précise l’INCa.

Trois symptômes doivent alerter

Le diagnostic de la maladie intervient après un délai médian de 7 à 10 ans après l’implantation, selon les séries (minimum : 1 à 2 ans ; maximum : 30 à 32 ans). Les symptômes en sont un épanchement périprothétique, une augmentation de volume du sein et des douleurs. « Face à des signes fonctionnels ou physiques (épanchement périprothétique abondant, augmentation de volume, douleur, inflammation, masse, ulcération, altération de l’état général) survenant notamment à distance de la phase postopératoire chez une femme porteuse d’implant mammaire (…), il est préconisé de réaliser, en 1re intention, une échographie bilatérale afin de rechercher un épanchement périprothétique autour de l’implant, une masse ou un épaississement capsulaire et d’explorer les aires ganglionnaires », indique l’avis d’experts. « Si cet examen n’est pas contributif, une IRM est préconisée en 2e intention. »

Ensuite, une cytoponction ou des prélèvements percutanés à visée cytologique et idéalement histologique sont nécessaires. Le diagnostic de LAGC-AIM doit en effet être établi par le pathologiste et à l’issue d’une double lecture anatomopathologique par le réseau national expert LYMPHOPATH. Après confirmation du diagnostic, un signalement doit être réalisé auprès de l’ANSM. « Quelle que soit l’extension de la maladie au diagnostic, une capsulectomie totale doit être réalisée », ajoutent les experts.

Suivant l’avis du CSST de l’ANSM, les experts ne recommandent pas de proposer une explantation préventive. Ils invitent également à une poursuite des investigations, sans exclure aucune piste et incluant les autres prothèses texturées et celles recouvertes de polyuréthane. Les facteurs génétiques, le rôle du biofilm et la macrotexturation des implants font actuellement l’objet d’investigations, rappelle l’INCa, encourageant par ailleurs à un renforcement de l’information aux patientes.


Source : lequotidiendumedecin.fr