L’évaluez-vous chez vos patients ?

Une Lp(a) élevée ajoute au risque macrovasculaire des DT1

Par
Pr Serge Halimi -
Publié le 10/01/2020

La lipoprotéine(a) doit être mesurée chez les patients ayant un diabète de type 1 (DT1). En l’absence de traitement capable de réduire de façon spécifique ce paramètre lipidique, il convient de traiter de façon optimum tous les facteurs de risque CV des patients en ayant des taux élevés.

Crédit photo : phanie

Les niveaux de lipoprotéine(a) (Lp(a)) plasmatique sont largement déterminés par les gènes et l’origine ethnique et beaucoup moins affectés par l’âge, le sexe ou le mode alimentaire. Des taux élevés de Lp(a) (> 120 nmol/L ou environ 50 mg/dL) sont connus pour être associés à un risque significativement accru de maladie coronarienne, de maladie valvulaire aortique calcifiée et de maladie artérielle périphérique. Comme il n’existe actuellement aucun traitement disponible pour abaisser efficacement les niveaux de Lp (a), le traitement de tous les autres facteurs de risque de maladie cardiovasculaire doit être optimisé pour ces patients à risque.

Mais un taux élevé de Lp(a) est-il un risque cardiovasculaire (CV) supplémentaire pour les diabétiques de type 1 (DT1) ? Une étude scandinave vient d’être publiée et de donner une première réponse à cette question (1). 1 860 patients atteints de DT1 ont été recrutés dans cette étude observationnelle transversale et divisés en 4 groupes en fonction de leurs niveaux de Lp(a) (très faible < 10 nmol/L ; faible 10-30 ; intermédiaire 30-120 ; élevé > 120). La prévalence des complications vasculaires a été comparée entre les groupes. De plus, l’association entre le contrôle métabolique, mesuré par l’HbA1c, et Lp(a) a été étudiée.

Un lien avec le contrôle métabolique

Les patients avaient en médiane un âge médian de 48 ans, une durée de DT1 de 25 ans et HbA1c de 7,8 %. La Lp(a) médiane était de 19 [10-71] nmol/L. Aucune différence significative n’a été observée entre les hommes et les femmes, mais les niveaux de Lp(a) ont augmenté avec l’âge. Les patients du groupe Lp(a) élevé (> 120 nmol/L), soit 18 % de la cohorte, avaient une prévalence de complications plus élevée (RR en moyenne + 50 %) que les patients du groupe Lp(a) très faible : maladie coronaire (+70 %), calcification valvulaire aortique (x 2) et albuminurie (68 %).

Par ailleurs les patients avec un bon contrôle métabolique, HbA1c < 6,9 % avaient des niveaux de Lp(a) significativement plus bas que les patients avec un contrôle métabolique moins bon HbA1c > 6,9 %.

 

Professeur Honoraire, Université Grenoble-Alpes  

(1) Karin Littmann, Tigist Wodaje, Michael Alvarsson, Matteo Bottai, Mats Eriksson, Paolo Parini, Jonas Brinck. The association of lipoprotein(a) plasma levels with prevalence of cardiovascular disease and metabolic control status in patients with type 1 diabetes mellitus. Diabetes Care 2019 Dec; doi.org/10.2337/dc19-1398

 

Pr Serge Halimi

Source : lequotidiendumedecin.fr