Première preuve de concept par des Français d'un nouveau traitement du diabète de type 2

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Publié le 10/07/2017
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Crédit photo : Phanie

L'apeline est une adipokine, c’est-à-dire une citokine produite par les tissus adipeux impliqués dans l'homéostasie énergétique et la résistance à l'insuline. Il a récemment été prouvé chez la souris que cette molécule pouvait améliorer la tolérance au glucose et la sensibilité à l'insuline. Dans un article publié dans « Diabete, obesity and metabolism », le Pr Pierre Gourdy et ses collègues de l'institut des maladies métaboliques et cardiovasculaires, (INSERM U1048, Université de Toulouse), ont établi la preuve de concept qu'un effet similaire est également obtenu chez l'Homme.

Ils ont pour cela recruté 24 volontaires en bonne santé générale, mais en surpoids, dans le cadre d'un essai randomisé contre placebo. Dans un premier temps, un groupe de 8 volontaires a bénéficié d'une dose intraveineuse de 9 nmol/kg de (pyr1)-Apelin-13. Après s'être assuré de la bonne tolérance du traitement, un deuxième groupe de 8 volontaires a bénéficié d'une dose intraveineuse de 30 nmol/kg, 2 heures après la pose d'un clamp euglycémique-hyperinsulinémique. Un dernier groupe placebo de 8 volontaires a été constitué.

Une amélioration de la sensibilité à l'insuline

Ce clamp a pour objectif de mesurer la résistance à l'insuline. Cette technique consiste en une injection constante d’insuline à un taux supra-physiologique et une infusion de glucose pour maintenir une glycémie constante. Plus il faut injecter de glucose, plus la sensibilité à l'insuline du sujet est importante.

Cette quantité de glucose à injecter a été mesurée 2 fois avant la pose de l'intraveineuse d'apeline (90 et 120 minutes après la pose du clamp), puis 2 autres fois après la pose de l'intraveineuse (210 et 240 minutes après la pose du clamp). Les auteurs ont observé une plus grande différence de sensibilité à l'insuline entre les volontaires recevant une forte dose d'apeline et les patients du groupe placebo (+0.82 ± 0,71 mg/kg/min) qu'entre les volontaires recevant une faible dose et ceux recevant un placebo (+0.65 ± 0,71 mg/kg/min). Gourdy et coll. précisent qu'il n'y avait pas de différence en ce qui concerne le risque cardiovasculaire.

Après cette « première démonstration de l'action sensibilisatrice de l'apeline chez l'humain », les chercheurs toulousains estiment que la voie de signalisation apeline/APJ doit être considérée comme une nouvelle cible thérapeutique dans le traitement du diabète de type 2.


Source : lequotidiendumedecin.fr