Une communauté professionnelle à Venissieux

Naissance de la première CPTS

Par
Pr Serge Halimi -
Publié le 09/11/2019

Paramédicaux, médecins généralistes et spécialistes : tous les acteurs et actrices de la communauté professionnelle territoriale de santé (CPTS) se sont entendus autour d’un projet remarquable, et soutenu par la CPAM, pour répondre aux besoins de santé du territoire.

Crédit photo : Phanie

C’est le premier contrat signé en Rhône-Alpes, voire au plan national : les professionnels de santé du territoire de Vénissieux (environ 60 000 habitants) ont signé le 25 septembre dernier une convention avec l’ARS Rhône-Alpes-Auvergne. La CPAM soutient le projet, y compris financièrement.

Le but de l’opération est de faire travailler en commun les différentes professions de la santé ainsi que du social, afin d’assurer une meilleure coordination de leur action et ainsi concourir à la structuration des parcours de santé. Cette initiative, lancée dès 2015 par le Dr Pascal Tureau, a pris quatre années pour aboutir.

La communauté professionnelle territoriale de santé (CPTS) ainsi constituée regroupe 44 médecins généralistes (MG), 52 infirmiers diplômés d’état (IDE), 27 pharmaciens, 16 kinésithérapeutes, 2 podologues, 7 médecins spécialistes (au départ des diabétologues et néphrologues), 4 orthophonistes et 2 laboratoires d’analyses médicales.

Un programme complet adapté au territoire

La CPTS s’est dotée d’un coordonnateur de parcours (rémunéré), d’un poste à temps partiel de directrice d’un secrétariat administratif et d’un référent social. Pour atteindre ses objectifs, la CPTS travaillera sur plusieurs axes :

Faciliter l’accès aux soins et fluidifier le parcours : la dimension santé et sociale sur ce territoire structurent le projet, campé dans une zone urbaine où les sujets en difficulté sont assez nombreux (paupérisation, sujets âgés, Ephad, maladies chroniques…). Le pharmacien est le point d’entrée du système ; il recueille l’information, la demande (pas de MG, difficulté à gérer une pathologie, une situation aiguë, voire impliquant plusieurs intervenants). Ce peut être aussi l’assistant social. Ceux-ci faciliteront l’accès aux soins, en ciblant plus précisément les ALD, CMU, AME, les personnes âgées et/ou dépendantes. Il faudra aider à trouver un rendez-vous dans la demi-journée en MG ou auprès des paramédicaux disponibles (IDE, kinés…) et aider à avoir un médecin traitant. Des actes de télémédecine/téléconsultation (Art 51) sont prévus à partir de la pharmacie où le patient s’est présenté.

– Assurer la sortie après une hospitalisation et coordonner plusieurs soignants. Cela sera réalisé par une IDE, qui prend la relève du séjour dès la sortie. Des contacts sont pris avec le groupe hospitalier des Portes du Sud, impliqué dans le bureau de la CPTS.

– Développer des actions de prévention et de dépistage : chutes des personnes âgées, vaccins, dépistage y compris des cancers…

– Accompagner les nouveaux soignants arrivants et inciter à des installations de divers métiers de santé sur le territoire, y compris IDE de pratique avancée, IDE Asalee etc.

– Disposer d’un système d’information partagé (agenda, messagerie, transmission de résultats paracliniques etc.)

Une belle initiative à laquelle nous souhaitons pleine réussite

Vous aussi êtes intéressé·e ?

Le cahier des charges des ARS est le suivant : identifier les besoins, décrire les actions proposées pour y répondre sur un territoire donné, affirmer les engagements des professionnels, les modalités du travail pluriprofessionnel, l’organisation des concertations, le(s) protocole(s) pluriprofessionnel(s) ainsi que le dispositif d’information sécurisé permettant le partage de données, la traduction dans l’activité quotidienne des structures de soins et les modalités d’évaluation de l’action de la CPTS.

Université Grenoble-Alpes, Grenoble

Pr Serge Halimi

Source : lequotidiendumedecin.fr