Diabète et Covid-19 : la HAS insiste sur l'importance de continuer les traitements et précise les signes d'alerte

Par
Coline Garré -
Publié le 22/04/2020

Crédit photo : Phanie

Les patients diabétiques présentent des vulnérabilités à l'égard du Covid-19. S'ils n'ont pas plus de risque d'être contaminés que les autres citoyens, en tant que malades chroniques, ils sont en revanche susceptibles de voir leur pathologie se déséquilibrer, en cas de moindre surveillance. En outre, les patients diabétiques non équilibrés ou présentant des complications semblent plus à risque de développer, en cas d'infection, des formes graves du Covid-19.

Dans une fiche de réponses rapides consacrée à la prise en charge ambulatoire des patients atteints de diabète (type 1 et 2), la Haute Autorité de santé (HAS) insiste sur l'importance de maintenir la normalisation de l'équilibre glycémique et la continuité des traitements.

Ne pas retarder les consultations nécessaires

Concrètement, les patients diabétiques doivent disposer de tous les traitements médicamenteux, consommables et dispositifs de surveillance glycémique nécessaires pour une période suffisante. Les contrôles glycémiques doivent être réguliers, une bonne hydratation doit être observée. Le médecin doit aussi s'assurer que le patient maintient une alimentation structurée, ainsi qu'une activité physique régulière minimale.

La HAS appelle à ne jamais suspendre les injections d'insuline lente même si le patient ne mange plus, afin d'éviter l'acidocétose. Le patient ne doit pas non plus interrompre ou changer de traitement sans avis médical.

Les consultations nécessaires (bilans, soins non reportables à définir avec le médecin traitant) et la prise en charge du risque majeur d’acidocétose et des complications aiguës ne doivent pas être retardées. Certaines situations nécessitent une hospitalisation (orientée en filières Covid-19 + ou - selon la présence de signes évocateurs) : mise sous insuline d'une femme enceinte diabétique, pied diabétique complexe et mise en route d’une pompe à insuline pour indication impérative.

Pour les autres situations, la HAS recommande de privilégier le recours à la téléconsultation avec les médecins traitants. En cas de biologie nécessaire, elle préconise de faire appel à un infirmier à domicile.

Attention aux extrémités et aux signes de primo-diabète chez les jeunes

La HAS invite tout particulièrement à réagir dès les premiers signes de gravité des plaies chez les sujets à très haut risque (neuropathie et/ou artériopathie), et à déclencher une prise en charge en urgence par les équipes spécialisées. Tout retard serait une menace pour l’intégrité de l’extrémité concernée, et ferait courir le risque de septicémie, indique-t-elle.

Elle attire aussi l'attention sur l'urgence d'une prise en charge hospitalière (mise en route sans délai d'un traitement par insuline) dès les premiers signes cliniques révélant un primo-diabète chez l'enfant ou le jeune adulte (syndrome polyuro-polydipsique, énurésie, perte de poids rapide…).

Elle rappelle enfin la nécessité d'hospitaliser en urgence des patients présentant un coma hyperosmolaire, des pathologies endocriniennes ou nutritionnelles (insuffisance surrénale aiguë, hypercalcémies sévères, diabète insipide décompensé), une dénutrition sévère avec troubles électrolytiques ou des complications aiguës en post-chirurgie bariatrique.


Source : lequotidiendumedecin.fr