De Mouscron, en Belgique, jusqu’au Nord de la France, il n’y a qu’un pas pour les patients français. Surtout pour ceux ayant besoin de consultation en dermatologie. Et ce phénomène, le centre hospitalier de Mouscron (CHM), l’a bien remarqué. La demande est tellement importante qu’il ne peut plus y répondre. Alors, l’hôpital belge a décidé de ne plus accepter de nouveaux patients français depuis mi-janvier 2026.
« Le nombre d’appels de France a considérablement augmenté en 2025, indique le service communication de l’hôpital à France Info. Pour le moment, le service de dermatologie n’est plus en mesure de prendre en charge de nouveaux patients français ». Situé à 20 minutes en voiture de Tourcoing et de Roubaix ainsi qu’à 30 minutes de Lille, cet hôpital était prisé par les demandes transfrontalières.
Les six médecins du service de dermatologie du centre hospitalier de Mouscron, « fortement mobilisés », ne sont plus en mesure d’absorber une telle demande de la part des patients français. Selon le service communication, l’hôpital reçoit actuellement une vingtaine de demandes de rendez-vous de leur part, dont les délais, pour des patients non urgents et non adressés par un médecin généraliste, peuvent aller au-delà de six mois.
Six médecins dans l’hôpital belge « fortement mobilisés »
Selon l’hôpital, la cause de cet exil médical repose sur la congestion de la filière dermatologique en France. La Société française de dermatologie (SFD) s’en faisait déjà l’écho en février 2025, parlant « d’une pénurie alarmante » de ce type de spécialistes. En une décennie, les rangs se sont amincis de plus de 1 000 dermatologues. Actuellement, ils ne sont plus que 2 880 à exercer en libéral en France. Des « déserts médicaux où les patients n’ont plus aucun dermatologue à proximité », selon la SFD, existent en Lozère, dans la Creuse, l’Indre et la Nièvre.
Dans le Nord, département frontalier de la Belgique, France Info a comptabilisé 74 dermatologues libéraux en activité. Cela représente 24 % de moins que sept ans auparavant. De quoi pousser les habitants à franchir la frontière pour obtenir un rendez-vous plus rapidement.
« Nous tenons à vous préciser que cette situation est strictement momentanée, et uniquement au sein du service de dermatologie. L’objectif est de garantir des soins sécurisés et de qualité à l’ensemble des patients, le temps que le délai de rendez-vous redevienne raisonnable », insiste l’hôpital. Cela dit, les patients atteints de pathologies urgentes et orientés par leur médecin généraliste pourront toujours être pris en charge. Pour les autres, il faudra s’armer de patience.
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