Les perruques mieux remboursées au « JO », la Ligue contre le cancer réagit

Par Dr Irène Drogou
Publié le 21/03/2019
- Mis à jour le 15/07/2019
perruque

perruque
Crédit photo : PHANIE

La ministre de la santé Agnès Buzyn avait annoncé un meilleur remboursement des prothèses capillaires lors des Rencontres de l'Institut national du cancer début février 2019. Les nouveaux remboursements et prix limite de vente (PLV) viennent d'être publiés dans une décision au « Journal Officiel » pour une entrée en vigueur le 2 avril 2019.

Les indications sont définies dans un arrêté précisant les modalités de prise en charge publié dans le même numéro :

- adultes ou enfants atteints d'alopécie temporaire ou définitive, partielle ou totale, consécutive à sa pathologie ou à sa prise en charge ;

- dans le cadre de l'alopécie androgénique, la prise en charge est limitée à l'alopécie androgénique féminine sévère, égale au stade 3 de la classification de Ludwig.

Des perruques sans reste à charge

Les perruques de classe 1, uniquement composées de cheveux synthétiques et jusqu'alors remboursées à hauteur de 125 euros, seront prises en charge intégralement, le PLV et le remboursement étant désormais fixés à 350 euros.

Les perruques de classe 2, qui contiennent au moins 30 % de cheveux naturels, seront remboursées à hauteur de 250 euros, le prix étant désormais encadré avec un PLV fixé à 700 euros. Quant aux prothèses capillaires partielles, le tarif de remboursement et le PLV sont fixés à 125 euros.

Le choix des accessoires

Si le patient ne souhaite pas de prothèse capillaire, des accessoires capillaires peuvent être remboursés à hauteur de 20 euros (set de 3 accessoires) pour un PLV à 40 euros. Cette prise en charge exclut alors la possibilité d'un remboursement d'une prothèse capillaire.

Dans l'arrêté sur les modalités de prise en charge publié dans le même numéro, il est précisé que trois accessoires peuvent être remboursés, « dont au moins un accessoire de type textile » :

- accessoires textiles : turban, foulard, bonnet ou autre tissu permettant de recouvrir la tête nue ;

- couronnes capillaires : couronnes de cheveux ou tour de tête capillaire ;

- textiles intégrant des fibres capillaires : bonnet avec cheveux intégrés ;

- autres accessoires capillaires : franges à positionner sur le front, mèche à positionner au niveau de la nuque.

Une prescription renouvelable une fois par an

Il est également indiqué que la prescription est effectuée par « un médecin ou un infirmier en pratique avancé dans le cadre d'un parcours coordonné en oncologie ; ou un dermatologue ».

La prise en charge d'une prothèse capillaire peut être renouvelée après une période de 12 mois. Il est précisé que c'est également le cas si le patient a préféré bénéficier de trois accessoires.

La délivrance de ces perruques est assurée par « des professionnels titulaires d'un diplôme de coiffeur, de perruquier-posticheur ou de professionnel de santé » à même de par leur expérience ou une formation complémentaire d'accompagner le patient « sur les aspects techniques et sur le plan psychologique ».

Il est également demandé que les distributeurs mettent à disposition au moins 10 modèles de prothèses (sélection de teintes, de longueurs et de coupes). Pour les enfants, le distributeur doit proposer entre autres des modèles avec cheveux longs.

Pour la Ligue, une avancée mais une inégalité

Pour la Ligue contre le cancer, qui demande depuis des années la hausse du montant remboursé, cette décision ne va pas assez loin. « Les prothèses capillaires ne sont pas une coquetterie ! La Ligue contre le cancer s'insurge et demande un remboursement à 350 euros pour toutes les perruques », titre le communiqué du 1er financeur associatif indépendant de la recherche sur le cancer.

La Ligue plaide pour un remboursement unique à 350 euros pour toutes les prothèses capillaires, y compris les perruques en cheveux naturels. La Ligue entend lutter contre une inégalité face à la maladie, en particulier pour les jeunes femmes et adolescentes « très vulnérables à l'image sociale du cancer ». 


Source : lequotidiendumedecin.fr