La Maison Blanche a confirmé ce 17 août le renvoi de la directrice de la principale agence sanitaire des États-Unis, Susan Monarez, dernier rebondissement dans un bras de fer entre cette scientifique spécialisée dans les maladies infectieuses et le ministre de la Santé vaccinosceptique de Donald Trump.
Le limogeage fut un drame en trois actes sur une journée, qui a commencé par l'annonce de ce départ par le ministère de la Santé sur X, dans un court message. « Nous la remercions pour son service dévoué envers le peuple américain », lisait-on.
Mais Susan Monarez, en poste depuis moins d'un mois à la tête des Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC), a rapidement démenti et accusé le ministre Robert Kennedy Jr de chercher à l'écarter pour poursuivre une politique « mettant en danger la vie de millions d'Américains ». La responsable « n'a ni démissionné ni reçu de notification de la Maison Blanche indiquant qu'elle ait été licenciée », avaient fait savoir ses avocats dans un communiqué. « En tant que personne intègre et dévouée à la science, elle ne démissionnera pas », avaient-ils ajouté, accusant le vaccinosceptique Robert Kennedy Jr, « d'instrumentaliser la santé publique à des fins politiques ». Toujours selon eux, il aurait tenté d'écarter Susan Monarez après qu'elle « a refusé de valider des directives non scientifiques et dangereuses et de licencier des experts ».
« Susan Monarez ayant refusé de démissionner malgré en avoir informé le ministère de la Santé de son intention de le faire, la Maison Blanche a renvoyé Susan Monarez de son poste », a finalement tranché Kush Desai, porte-parole de la Maison Blanche, précisant qu’elle « n'est pas en accord avec le programme du président ».
Un second choix, des pressions
Nommée en mars, Susan Monarez avait été confirmée fin juillet par le Sénat américain à la tête des CDC, chapeautés par le ministère de la Santé. Sa nomination était en réalité un second choix, la Maison Blanche ayant dû renoncer à son premier candidat, David Weldon, un ex-élu et médecin connu pour ses positions vaccinosceptiques, par crainte qu'il ne lui manque les voix nécessaires au Congrès.
« Trop c'est trop », a réagi un haut fonctionnaire des CDC, Demetre Daskalakis, sur X. Dans un long message, ce dernier a annoncé démissionner, dénonçant les pressions de la nouvelle administration américaine pour « générer des politiques et des documents ne reflétant pas la réalité scientifique ». Selon des médias américains, d'autres hauts responsables de l'agence ont fait de même.
Le départ précipité de Susan Monarez survient en pleine crise aux CDC, l'agence ayant été la cible début août d'une attaque armée par un homme vivement opposé au vaccin contre le Covid-19. Des centaines d'employés et d'anciens salariés des agences sanitaires avaient signé dans la foulée une lettre ouverte accusant Robert Kennedy Jr de les mettre en danger en propageant de fausses informations, notamment sur les vaccins.
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