Sanction réduite en appel pour le généraliste qui appelait à « engrosser » les électrices du FN

Par
Marie Foult -
Publié le 02/07/2018

La sanction sera finalement moins lourde pour le Dr Thierry Lecoquierre. En juillet 2016, ce généraliste du Havre avait été condamné à un an d'interdiction d'exercice (dont six mois avec sursis) par la chambre disciplinaire régionale de l'Ordre des médecins, après une tribune sur le site « Le plus de l'Obs » dans laquelle il appelait à « maîtriser sexuellement les petites frontistes décérébrées » et à les « engrosser ».

Vendredi 29 juin, la chambre disciplinaire nationale, qui statuait en appel, a annulé cette décision et a prononcé une sanction de trois mois d'interdiction d'exercer la médecine, dont deux mois avec sursis. L'interdiction « ferme » d'exercer prendra effet le 1er octobre 2018 et se terminera le 30 octobre, précise la décision.

Violence verbale

Les juges ordinaux ont considéré que le médecin s'était publiquement excusé « d'avoir pu offenser certaines personnes par la tenue de tels propos », alors qu'en première instance, les juges s'étaient fondés sur le fait que le praticien n'avait formulé aucune excuse.

Ces propos, qui n'expriment pas une incitation au viol et n'ont fait l'objet d'aucune poursuite pénale (mais d'un rappel à la loi), ont pu « heurter profondément les femmes qu'ils visaient avec une grande violence verbale » et constituent « une expression indigne d'un médecin et portent une atteinte grave à l'image de la profession », souligne la chambre disciplinaire pour justifier la sanction.

Pamphlet

Pour sa défense, le Dr Lecoquierre soutenait que ses propos relevaient de la catégorie du « pamphlet satirique » et que « seuls les militants d'extrême droite, auteurs des plaintes, y ont vu une incitation au viol des femmes adhérentes au Front national ». Le médecin rappelait aussi que sa patientèle lui était restée fidèle et qu'il n'avait jamais commis de faute professionnelle.

En mai 2017, le médecin révélait au « Quotidien » qu'il avait déplaqué et vendu son cabinet notamment après avoir reçu des menaces de mort, et des menaces de viol concernant sa femme et ses filles. Il estimait avoir « une épée de Damoclès au-dessus de la tête »


Source : lequotidiendumedecin.fr