L’Ordre national fait son mea culpa. Son président, le Dr Patrick Bouet, reconnaît que l’institution n’a pas su anticiper correctement les besoins médicaux dans le passé. « Nous devons compléter notre analyse des évolutions de la démographie médicale par celle de leur adéquation avec la population française », explique-t-il.
De fait, avec cette nouvelle loupe ordinale, les résultats se révèlent plus pertinents. Dans le Calvados, tout va bien. La population devrait augmenter de 4,6 % d’ici à 2020, le nombre des médecins devrait croître parallèlement de 4,5 %. Le Bas-Rhin affiche aussi des perspectives équilibrées (+5 % dans chaque catégorie).
En revanche, la Nièvre a des soucis à se faire. Les effectifs médicaux chuteront de 10 % d’ici à 2020 mais dans le même temps, la population augmentera de près de 5 %. Dans la Creuse, même inquiétude : il y aura 9,2 % de praticiens en moins mais 6,2 % d’habitants en plus. La tension est aussi probable dans le Gers (les deux courbes évoluent en sens inverse). L’Ile-de-France a le redoutable privilège de voir sa population médicale chuter dans tous ses départements tandis que la population y est partout en hausse ! La Loire-Atlantique s’illustre : ce département voit le nombre de médecins croître plus vite (7,2 %) que la population (6,6 %).
Sur ces bases, le Dr Patrick Romestaing, vice-président du CNOM, estime que, globalement, la démographie médicale « restera déclinante » en France jusqu’en 2020... même si elle s’améliore dans certaines zones désormais identifiées. Sur la méthode, l’Ordre ne change pas : « La contrainte ça ne marche pas ».
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