Les risques psychosociaux au cœur du congrès des internes de médecine générale

Par Sophie Martos
Publié le 26/01/2018
- Mis à jour le 15/07/2019

Cette année, c’est loin des grandes villes, à Châteauneuf-sur-Isère (3 800 habitants), dans la Drôme, que les futurs généralistes de l’Intersyndicale nationale autonome représentative des internes de médecine générale (ISNAR-IMG) se sont rassemblés ce vendredi pour leur congrès annuel. Au menu du thème choisi « Médecine responsable, santé durable », les jeunes ont abordé l’installation, la qualité de vie au travail, la formation ou encore l’indépendance de leur exercice.

Les risques psychosociaux ont concentré une bonne partie des débats. « L’enquête santé mentale des jeunes et futurs médecins a mis en évidence des chiffres alarmants : deux tiers des répondants présentent une symptomatologie anxieuse et un quart rapporte des idées suicidaires », rappelle Maxence Pithon, président de l’ISNAR-IMG devant les quelque 500 internes présents. Ces données ont eu un écho tout particulier ce vendredi après le suicide d'une interne parisienne de dermatologie à Paris. 

La réglementation sur le temps de travail des internes est toujours loin d’être appliquée partout. Le rythme hebdomadaire, souvent supérieur à 48 heures, représente un facteur de risque d’épuisement professionnel. Les internes ont réclamé des moyens pour l'application effective de la loi. Il faut « un renforcement des contrôles et des sanctions prévues à l’ensemble des établissements d’accueil », clame au micro le président de l’ISNAR-IMG.

Buzyn empêchée mais le message passe  

N'ayant pas pu se déplacer sur place, Agnès Buzyn devait s'adresser ce vendredi aux internes par Skype. « Je veillerai à ce que vos inquiétudes, s’agissant du bien-être, de la santé mentale des étudiants, soient prises en compte », pouvait-on lire dans le discours initial transmis au « Quotidien » par le ministère de la Santé. « Je ferai tout pour que vos ressources matérielles soient suffisantes et surtout, pour que vos pairs, pour que votre hiérarchie vous soutiennent, en paroles et en actes », s'engageait la ministre.

Une mission a été confiée au Dr Donata Marra pour formuler des préconisations en réponse aux risques identifiés au long du cursus des étudiants en santé. Son rapport est attendu d’ici à quelques jours. Agnès Buzyn devait aussi exprimer son souhait d’intégrer des enseignements sur la qualité de vie au travail, dans toutes les maquettes de formations initiales médicales, paramédicales, et de directeurs d’établissements. « Je pense, en particulier, aux pratiques de harcèlement, absolument inadmissibles », stipulait son discours initial.  

La formation, autre temps fort 

Le chef de file des internes a aussi rappelé la nécessité d’augmenter le nombre de terrains de stages en ambulatoire. Cela passe par une amélioration quantitative et qualitative des maîtres de stage universitaires (MSU). « Ce recrutement ne pourra pas se faire sans une réelle revalorisation de la maîtrise de stage », prévient Maxence Pithon.

La ministre de l’Enseignement supérieur, Frédérique Vidal, a adressé de son côté son soutien à l'ISNAR-IMG via une vidéo diffusée à l’auditoire. Elle rappelle la nécessité « de faire évoluer la médecine générale » notamment en développant les postes d’assistants et de chefs de clinique en médecine générale – mais aussi les postes dans la recherche.


Source : lequotidiendumedecin.fr