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ECNi : sécurité maximale avant inventaire

ECNi, c'est parti ! 9 448 candidats sous tension

Publié le 18/06/2018
ECNi, c'est parti ! 9 448 candidats sous tension

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SEBASTIEN TOUBON

Jour J. Les 34 centres d'examens s'apprêtent à accueillir 9 448 candidats pour les traditionnelles épreuves classantes nationales informatisées (ECNi), passage obligé des étudiants en médecine, ponctuant le deuxième cycle et ouvrant l'accès à l'internat puis à la carrière. Les carabins plancheront pendant trois jours sur 18 dossiers cliniques progressifs (DCP), 120 questions isolées (QI) et deux articles scientifiques (LCA). Ils seront libérés mercredi 20 juin… si tout va bien.

L'an passé, 8 900 étudiants avaient dû recomposer dans des conditions désastreuses après l'annulation de deux sessions. Des DCP avaient déjà été traités par des candidats lors d'un examen blanc et d'une conférence de préparation. Deux couacs majeurs ayant entraîné une rupture d'égalité et une crise de nerfs nationale. L'ombre du fiasco 2017 plane toujours. Pour les jeunes candidats, le stress est maximum et les esprits s'échauffent depuis une semaine sur les réseaux sociaux.

Séparation des dossiers, annales en ligne

Pour ce cru 2018, les niveaux de sécurité ont été renforcés pour éviter une nouvelle #promofiasco. En octobre dernier, un prérapport de l'Inspection générale des affaires sociales (IGAS) dévoilé dans nos colonnes faisait état de dysfonctionnements lors de la phase de conception des épreuves et confirmait la « responsabilité individuelle d'un expert » ainsi qu'un « défaut global d'organisation ».

Multiforme, le chantier de consolidation des épreuves a mobilisé de nombreux acteurs. L'Association nationale des étudiants en médecine de France (ANEMF) a obtenu la désolidarisation des dossiers cliniques progressifs en janvier dernier, à la faveur d'un arrêté. Chaque DCP est désormais considéré comme une épreuve séparée, ce qui doit permettre, en cas de catastrophe, de ne recomposer qu'un seul dossier et non pas un groupe de six. Autre avancée obtenue par les carabins : les annales ont été mises en ligne sur le site du Centre national de gestion (CNG), organisateur des épreuves, afin que tous les candidats y aient un égal accès (les corrections en revanche n'ont pas été publiées).

Des tests sans bug mais pas de risque zéro

Un nouveau cafouillage sera-t-il évité ? Interrogé sur le déroulement des épreuves 2018, le président de l'ANEMF se dit « confiant ». « Pour nous, tout est sécurisé, nous avons mis en œuvre tout ce que nous pouvions mais le risque zéro n'existe pas », analyse Yanis Merad. Le conseil scientifique de médecine (CSM) présidé par le Pr Marc Braun, doyen de la faculté de Nancy, abonde en ce sens (lire page 3). La majorité des recommandations de l'IGAS ont été suivies. Le nombre d'experts impliqués dans la production des questions a été fortement réduit et le circuit de conception des sujets largement revu.

Quant au CNG, il a poursuivi son travail de solidification des procédures. Deux journées de secours ont été prévues en cas de pépin jeudi 21 et vendredi 22 juin. « Les épreuves tests de mars 2018 se sont déroulées dans des conditions organisationnelles, logistiques, techniques et informatiques optimales », souligne Danielle Toupillier, directrice du CNG.

Les facultés de leur côté ont amélioré les conditions d'accueil des étudiants. « L'année dernière c'était la canicule ! Cette année, des clims ont été installées et une isolation sonore a été instaurée dans plusieurs facs », souligne le Pr Jean Sibilia, président de la conférence des doyens. Il a fallu aussi répartir les candidats étrangers dont le nombre a grimpé à 621 (contre 401 en 2017). Une montée en charge liée à l'augmentation des inscriptions dans les universités francophones. « Il faut les accueillir dans de bonnes conditions », rappelle le Pr Sibilia.

Repenser le cursus

Au-delà du défi des épreuves 2018, une réflexion globale a été lancée par le gouvernement sur le deuxième cycle et l'avenir même des ECN. De fait, la question du bien-être des carabins revient en permanence sur le tapis, tout comme celle de l'acquisition pertinente des compétences cliniques. Après l'enquête de 2017 sur la santé mentale fragilisée des jeunes (prévalence de troubles dépressifs et des idées suicidaires), et la polémique autour du caractère anxiogène des ECN (un concours couperet peu discriminant détermine toute la carrière), les ministères de la Santé et de l'Enseignement supérieur explorent aujourd'hui les pistes d'une refonte complète du deuxième cycle des études et de l'accès à l'internat.

Parmi les objectifs sérieux sur la table (lire ci-contre) : un second cycle plus professionnalisant et la suppression des ECN actuelles (classement général « obsolète et inadapté ») au profit d'un système de « matching » candidat/poste valorisant aussi le parcours personnel et les initiatives. 

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