Harcèlement sexuel : un ex-chef de service du CHU d’Angers renvoyé en correctionnelle

Publié le 05/04/2019
- Mis à jour le 18/07/2019

L’ex-chef du service urologie du CHU d’Angers comparaîtra le 14 juin devant la justice pour harcèlement sexuel sur une collègue de travail, a indiqué jeudi à l’AFP le procureur de la République d’Angers. « Le professeur s’est vu remettre une convocation pour harcèlement sexuel par une personne abusant de l’autorité que lui confère sa fonction et pour détournement de la finalité d’un traitement de données à caractère personnel », précise le procureur de la République d'Angers Yves Gambert, confirmant une information du « Courrier de l’Ouest ».

SMS et cadeaux

Expert international dans le traitement du cancer de la prostate, ce praticien avait été entendu une première fois début juillet 2018, à la suite d’un signalement du CHU réalisé dans le cadre de l'article 40, qui impose aux agents publics le signalement de crimes ou délits dont ils ont connaissance.

Il avait été suspendu le 1er août à titre provisoire de sa fonction de chef de service, « mais exerce toujours au sein de l’établissement en tant que praticien hospitalier et professeur des universités, en attendant les conclusions de la procédure », précise la direction de l’hôpital.

Il est reproché à ce médecin d'avoir envoyé des dizaines de SMS, cadeaux et propositions de sorties à une employée de l’hôpital, et d'avoir consulté son dossier médical pour y récupérer son adresse personnelle. « Ces faits étaient devenus insupportables pour ma cliente », a déclaré Me Nathalie Valade, précisant ne pas savoir si celle-ci aurait porté plainte sans l’article 40. « Cela reste très difficile de dénoncer des faits commis par un chef de service », souligne-t-elle.

« Le parquet maintient une procédure scandaleuse et fallacieuse. On reproche à mon client d’avoir flatté une jeune femme sur son physique, de lui avoir offert des cadeaux et proposé de sortir. Ces trois éléments n’entrent pas dans le cadre du harcèlement sexuel », estime l'avocat du prévenu, Me Samim Bolaki. 

(avec AFP)