Faire du sport, cours toujours !

Publié le 27/07/2012
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Crédit photo : S.Toubon

Difficile d’échapper au sport pendant les vacances d’été. Exit la sédentarité. Que les oisifs laissent leur corps s’exprimer ! Et pas question pour les réticents de passer au travers des mailles du filet sportif : écrans ou stades, les grand-messes s’enchaînent. Après Roland-Garros et Wimbledon, l’Euro de foot a redonné le sourire aux Espagnols, puis la Grande Boucle a déboulé sur les routes de France avec ses rumeurs de dopage. C’est maintenant les Jeux-Olympiques qui reprennent le flambeau.

Amateurs et aficionados

Difficile d’échapper aussi aux discours rabâchés sur le sport, ange ou démon. L’exercice protège contre les maladies non-transmissibles. C’est un médicament en or, qui pourrait même être remboursé. La ville de Strasbourg expérimente déjà le concept : elle finance la prescription par des médecins d’heures de vélo pour les patients qui ne courtisent pas assez la petite reine.

Les vacanciers n’ignorent pas non plus les dangers du sport. Le décès du député socialiste Olivier Ferrand à 42 ans, victime d’un accident cardiaque au retour d’un jogging, a eu le triste effet de rappeler la menace de mort subite chez les sportifs amateurs.

Enfin les aficionados de toutes disciplines redoutent que le dopage vienne ternir l’or des victoires. Malgré le passeport biologique ou de nouvelles normes relatives aux compléments alimentaires et boissons énergiques pour prévenir les sportifs de traces de substances dopantes, le Tour 2012 ne fait pas exception : le coureur de l’équipe Cofidis Rémy Di Grégorio loupe son entrée dans la légende des grimpeurs en étant mis en examen pour détention de matériel prohibé. Frank Schleck, contrôlé positif à un diurétique, court dans sa roue.

Le plaisir... voire l’orgasme

On connaît tous ces chansons. Ce qu’on tend à oublier, derrière l’aspect naturel du sport pour « l’homme contemporain placé sous transfusion sportive permanente », selon les mots de Robert Redeker, c’est qu’il reste une idéologie. « C’est-à-dire une vision globale, totalisante, de l’homme et du monde, au même titre que le communisme, le fascisme, le libéralisme, les religions », précise le philosophe dans « L’emprise sportive »*. Le monde d’aujourd’hui tourne selon ses règles : victoire, compétition, loi du plus fort, évaluation chiffrée.

Comme dans toute idéologie pourtant, la dissidence existe. L’un de ses chemins pourrait être le plaisir retrouvé, accessible à tous. Plutôt que de se limiter à la performance sportive, pensons plus largement activités physiques, qui ouvrent un horizon illimité où chacun peut se faire plaisir. Pensons par exemple à des pratiques simples comme grimper à la corde, soulever des poids, faire du yoga, marcher ou courir. Leur point commun ? Le plaisir, justement. L’orgasme

 

* François Bourin Éditeur, 184 p., 19 euros.

 COLINE GARRÉ

Source : lequotidiendumedecin.fr