Vos patients ont la parole : « Si la médecine est une marchandise, supprimons le serment d'Hippocrate »

Publié le 26/06/2012
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Le débat sur la régulation des dépassements d’honoraires enflamme la profession. Mais pas seulement. Les patients s’invitent aussi dans la discussion, avec parfois un regard très sévère sur les médecins. Selon un sondage réalisé au mois d’avril dernier, un Français sur trois est favorable à l’interdiction des dépassements.

Les courriers qui parviennent à la rédaction du « Quotidien » se font aussi l’écho de ce malaise. L’un d’eux se montre excessivement virulent à l’égard de la profession, pour ne pas dire caricatural. Mais il a le mérite de rappeler les problèmes d’accès aux soins auxquels sont confrontés de nombreux Français.

« Le Quotidien » le reproduit dans son intégralité et vous invite à réagir. La médecine est-elle devenue marchandise ? Certains de vos patients se montrent-ils aussi critiques à l’égard de la profession ? Quelle est à votre avis leur perception des médecins et de la médecine dans le contexte de crise auquel nous sommes confrontés ?

Á vous de débattre...

« Je suis effarée par le contenu des commentaires des médecins. Alors, un petit rappel : l'accès à la médecine n'est pas un luxe dont on peut se passer si les fins de mois sont difficiles, c'est pour beaucoup une triste nécessité. Nous ne venons pas vous voir par plaisir, comme on va (ou pas si on en n'a pas les moyens) chez le coiffeur ! Quand en consultant la liste des ophtalmos en secteur 1, je constate qu'il n'en reste plus qu'une petite dizaine dans le département, qu'il me faudra faire 50 km pour y aller et attendre trois mois mon rendez-vous, je me dis que la situation nécessite un rééquilibrage ! Quand je contacte le centre anti-douleur de l'hôpital pour mon enfant migraineuse et qu'on m'annonce : “Vous avez le choix entre la consultation "publique" dont le délai d'attente est 6 mois (authentique !) et la consultation "privée" dont le délai n'est plus que de 8 semaines mais qui coûte 80 euros”, vous croyez que j'appelle ça un choix ! Alors, soyons pragmatiques, si la médecine est devenue pour vous une marchandise comme les autres, supprimons le serment d'Hippocrate (d'hypocrites) et devenez officiellement des marchands. »
Courrier reçu le 22 juin 2012

Source : lequotidiendumedecin.fr
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