L’impact alimentaire du glyphosate sous-estimé selon Générations futures

Par
David Bilhaut -
Publié le 14/09/2017
glyphosate

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Crédit photo : Phanie

À l’approche du vote sur le renouvellement de l’autorisation du glyphosate dans l’Union européenne, l'association de défense de l'environnement Générations futures publie une nouvelle enquête sur l’impact de cette substance dans l’alimentation.

Pour des raisons méthodologiques, « la présence du glyphosate dans les produits alimentaires passe souvent sous le radar des analyses officielles », remarque François Veillerette, porte-parole de l’ONG environnementale.

Les conclusions de l’enquête GLYPHO2 témoignent pourtant d’une fréquente présence de traces décelables de l’herbicide au sein d’aliments. Dans ses travaux, Générations futures a ciblé des produits à base de céréales ou des légumineuses, déjà repérés dans des rapports officiels comme étant susceptibles de contenir des résidus de glyphosate.

Trente produits alimentaires de consommation courante achetés en supermarché ont été analysés par un laboratoire certifié. Ce dernier utilisant une méthode qui associe chromatographie en phase liquide et spectrométrie de masse, « ce qui permet de caractériser avec une grande précision le glyphosate et l’AMPA (le produit de dégradation du glyphosate) », souligne François Veillerette.

1 produit sur 2 concerné

Sur ces 30 produits (18 à base de céréales et 12 légumineuses sèches), 53,3 % contenaient des résidus de glyphosate à des concentrations diverses (de 40 μg/kg pour une céréale du petit-déjeuner à 2 100 μg/kg pour un échantillon de lentilles sèches). Trois produits contenaient des traces d’AMPA.

S’agissant des aliments bruts, l’analyse ne montre pas de dépassement de la limite maximale en résidus (LMR). Mais celle-ci s’avère « très élevée », de l’ordre de 10 mg/kg sur des produits comme les lentilles séchées ou le blé, et donc « peu protectrice au niveau sanitaire », commente le porte-parole de Générations futures.

Malgré les biais méthodologiques de son enquête, l’ONG considère que celle-ci permet « pour une part sans doute importante d’expliquer la contamination de l’ensemble des personnes testées pour le glyphosate », dans le cadre de sa précédente enquête publiée au printemps dernier.

Améliorer la recherche

« Les agences doivent effectuer des recherches plus nombreuses tant que le produit demeure sur le marché », insiste François Veillerette qui espère une disparition prochaine de l’herbicide controversé dans l’Union européenne. « Ces résultats plaident selon nous en faveur d’une non re-homologation du glyphosate au niveau européen », poursuit-il.

Alors que le ministre de l’Écologie, Nicolas Hulot, a fait savoir que la France voterait contre la proposition de la Commission européenne de renouveler pour dix ans, la licence de cette substance, l’issue du vote programmé début octobre reste encore incertaine.

 


Source : lequotidiendumedecin.fr