En France, près d'un collégien sur cinq est en sur-poids, une tendance à la hausse

Par
Coline Garré -
Publié le 28/08/2019

Crédit photo : Phanie

En 2017, près d'un adolescent sur cinq (18 %) est en surcharge pondérale ; parmi eux, 5,2 % sont obèses, s'inquiète la Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (DREES), dans une publication du 28 août. Les jeunes filles sont particulièrement concernées, avec une prévalence de 20 % (contre 17 % pour les garçons). 

Le phénomène est d'autant plus inquiétant qu'il est en augmentation depuis 2009, d'un point pour la surcharge pondérale, et d'1,4 point pour l'obésité. De nouveau, les filles sont davantage touchées, avec des prévalences grimpant de 17 à 20 % pour la surcharge pondérale, et de 3,8 à 5,4 % pour l'obésité. 

Le travail de la DREES s'appuie sur les enquêtes nationales de santé scolaire, menées depuis 2000 tous les ans jusqu'en 2009, puis tous les deux ans depuis 2012. L'étude présente les résultats de l'enquête réalisée en 2016-2017 auprès d'un échantillon de plus de 7 240 adolescents scolarisés en troisième dans 925 collèges publics et privés, ayant bénéficié d'un examen de santé et d'un entretien sur leurs habitudes de vie. 

Le poids des inégalités sociales 

L'étude met en évidence le lien entre surcharge pondérale et inégalités sociales, déjà identifié dans une précédente enquête de la DREES portant sur des enfants de six ans. 

L'excès pondéral concerne un adolescent sur quatre parmi les enfants d'ouvriers, et un enfant sur neuf parmi les enfants de cadres. Pour l'obésité, ces prévalences sont respectivement de 7,5 % et de 2,7 %. 

Selon les auteurs, les différences dans les habitudes de vie sont en partie responsables de ce résultat. De fait, les enfants d'ouvriers sont deux fois plus nombreux à sauter le petit déjeuner que les enfants de cadres. Ils sont plus de 80 % à indiquer passer plus de deux heures devant les écrans, tous les jours, vs 61 %. Et seulement 63 % des enfants d'ouvriers déclarent pratiquer une activité sportive périscolaire, vs 84 %. 

Mais si les habitudes de vie sont corrélées à la surcharge pondérale, elles ne sauraient rendre compte à elles seules des écarts de surpoids entre les catégories sociales, soulignent les auteurs. L'étude pointe en effet l'« effet majeur du milieu, facteur le plus fortement lié à la surcharge pondérale ». « Toutes choses égales par ailleurs, les enfants d'ouvriers ont une probabilité deux fois supérieure à celle des enfants de cadres d'être en surcharge pondérale », lit-on. 

L'état de santé bucco-dentaire et visuel également inégal

Note optimiste : l'étude observe une amélioration de la santé bucco-dentaire des collégiens, qui sont 68 % à n'avoir pas de caries (vs 56 % en 2009), tandis que 85 % déclarent se brosser les dents plusieurs fois par jour, et 77 % disent avoir consulté un dentiste ou un orthodontiste dans l'année. Mais ces résultats sont encore à nuancer selon le milieu social, les enfants défavorisés étant plus nombreux à souffrir de caries, et moins nombreux à consulter régulièrement un dentiste. Ils sont aussi moins souvent équipés de lunettes que les enfants de cadres. 

Enfin, la DREES observe que la couverture vaccinale des adolescents contre rougeole, oreillon, rubéole, quoique de 90 %, reste insuffisante en 2017. Même constat pour la couverture vaccinale contre le papillomavirus, qui concernait moins d'un quart des jeunes filles de troisième (23 %), voire 18 % pour le schéma complet recommandé. 


Source : lequotidiendumedecin.fr