Assouplissement de l'accès au don du sang des homosexuels, les associations réagissent en ordre dispersé

Par Damien Coulomb
Publié le 19/07/2019
- Mis à jour le 20/07/2019

Crédit photo : Phanie

Toutes les associations n'ont pas réagi de la même manière à la décision du ministère de la Santé de ramener à 4 mois, au lieu de 12, l'ajournement temporaire du don du sang après la dernière relation sexuelle entre un donneur masculin et un autre homme.

Si l'association AIDES salue « une évolution garante de la sécurité transfusionnelle », Act-Up dénonce une décision qui maintient « une logique de population à risque plutôt que d’évaluation des comportements sexuels individuels ».

« Le don du sang n’est pas un droit, rappellent AIDES et l'Association française des hémophiles (AFH) dans un communiqué commun. Il n’a pas à répondre à une demande sociale des donneurs mais aux besoins des receveurs [...] Ces critères d’exclusion ne constituent pas des motifs de discrimination dès lors qu’ils reposent sur des données scientifiques et une certaine proportionnalité. » À ce titre, en 2017, en France, les hommes ayant des relations sexuelles avec d'autres hommes (HSH) étaient toujours jusqu’à 200 fois plus exposés au VIH que les hétérosexuels et représentaient 41 % des nouveaux diagnostics.

La « sérophobie étatique »

Plus militante, l'association Act-Up dénonce « la poursuite de la sérophobie étatique organisée » et estime que « tout rapport sexuel entre hommes n’est pas une source de risque pour un potentiel don, contrairement à ce que sous-entendent » les critères d'accès au don qui « ne définissent pas ce qu’est un rapport à risque ».

Act-Up met aussi en avant l’enquête Complidon réalisée par Santé publique France dont il ressort que les homosexuels et les bisexuels qui ont donné leur sang depuis la mise en place de l'ajournement de 12 mois étaient déjà sous la barre des 4 mois d’abstinence.

Au micro de nos confrères de France Info, la ministre de la Santé a répliqué à ces critiques : « Le don du sang repose sur une pratique d'exclusion de certaines pratiques à risque, rappelle-t-elle. Nous avons fait des études, et avec une abstinence de 4 mois pour les homosexuels, il y a le même niveau de risque que la population hétérosexuelle. Mais je souhaite voir si on peut faire d’autres études pour permettre à un maximum de Français de donner leur sang. Nous allons retravailler sur tous les critères d'exclusion, et pas seulement ceux des homosexuels. »