Grippe saisonnière : une étude montre que la moitié des patients en soins intensifs ont eu un test rapide négatif

Par
Fabienne Rigal -
Publié le 11/06/2018
test grippe

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Crédit photo : PHANIE

Une étude taïwanaise présentée lors de l’ASM Microbe 2018, le congrès de la Société américaine de microbiologique qui se tenait à Atlanta jusqu’à aujourd’hui, montre que pour la moitié des patients hospitalisés en soins intensifs pour grippe, le test rapide était négatif. Les auteurs de l’étude souhaitent donc « décourager la prise de décision de non-traitement en cas de résultat négatif ».

Les chercheurs ont réalisé une analyse rétrospective de 307 patients admis en soins intensifs pour grippe à l’hôpital Chang-Gung de Taoyuan, à Taïwan, entre août 2009 et juillet 2017. Parmi ces 307 cas confirmés, un test rapide avait été réalisé sur 259 des patients, et 126 (49 %) étaient (faussement) négatifs.

Effets délétères de la non-prise en charge sur la foi du test rapide négatif

Par rapport aux tests rapides positifs, les patients avec tests rapides négatifs présentaient les mêmes caractéristiques cliniques. En revanche, ils avaient besoin d’un séjour en soins intensifs plus long (12 jours versus 9) et d’une assistance respiratoire elle aussi plus longue (12 jours versus 6). De plus, le traitement antiviral était significativement retardé chez les patients qui avaient eu un test rapide négatif (1 vs 0 jour).

« Un résultat de test rapide négatif retarde le traitement antiviral », regrette Po-Yen Huang, auteur principal de l’étude. « Prendre la décision de ce traitement sur la seule base des résultats des tests rapides devrait donc être découragé. Un traitement antiviral empirique rapide devrait être fourni à tous les patients en état critique avec infection respiratoire sévère. »

Le test rapide, quand il est positif, certifie le diagnostic de grippe, du fait de sa spécificité élevée. En revanche, la sensibilité du test étant basse, un test négatif empêche d’exclure le diagnostic.


Source : lequotidiendumedecin.fr