Greffe de poumon : un traitement immunosuppresseur à base de sirolimus est associé à une meilleure survie

Par Charlène Catalifaud
Publié le 28/08/2019
- Mis à jour le 28/08/2019

Crédit photo : Phanie

Alors que la survie médiane des patients après une transplantation pulmonaire n'excède pas 6 ans, une étude américaine montre qu'un médicament immunosuppresseur encore peu utilisé, le sirolimus, pourrait allonger la survie de près de 2 ans par rapport au traitement le plus courant. Ces résultats sont parus dans « JAMA Network Open ».

Moins de rejet chronique

Après une transplantation, le traitement immunosuppresseur de maintenance standard comprend un inhibiteur de la calcineurine (ciclosporine ou tacrolimus) et un inhibiteur du cycle cellulaire. Le plus courant est le mycophénolate mofétil, mais d'autres peuvent le remplacer comme le sirolimus.

Cette étude a inclus les 9 019 patients américains ayant reçu une greffe de poumon entre janvier 2003 et août 2016, dont l'âge moyen est de 57 ans. Tous ont reçu du tacrolimus et un inhibiteur du cycle cellulaire : 5 782 du mycophénolate mofétil, 2 556 de l'azathioprine, 408 du mycophénolate sodium, 219 du sirolimus et 54 du mycophénolate mofétil combiné à du sirolimus.

La comparaison des survies en fonction du traitement reçu montre que les patients qui ont reçu du sirolimus ont une meilleure survie (critère primaire) que ceux ayant eu du mycophénolate mofétil : 8,9 versus 7,1 ans. Concernant l'association mycophénolate mofétil-sirolimus et les autres inhibiteurs du cycle cellulaire, les différences de survie avec le mycophénolate mofétil n'étaient pas significatives.

Les résultats concernant l'incidence du rejet chronique et la mortalité après rejet chronique (critères secondaires) étaient également en faveur du sirolimus.

Une survie maximisée avec le sirolimus sans induction

Le sirolimus pouvant nuire à la cicatrisation s'il est mis en place immédiatement après la greffe, un délai de 3 à 12 mois est donc préconisé, durant lequel un autre inhibiteur du cycle cellulaire est administré au patient. Le choix de ce médicament initial ne semble pas avoir d'influence sur la survie.

Chez certains patients, une thérapie d'induction consistant à administrer des anticorps au cours des 2 semaines suivant la greffe peut également être mise en place. Toutefois, les bénéfices de ce traitement ne sont pas clairement démontrés. Selon les résultats de cette étude, le traitement d'induction ne semble pas bénéfique chez les patients recevant du sirolimus, alors qu'il l'est légèrement pour ceux recevant du mycophénolate mofétil. La survie maximale (10,7 ans) a ainsi été observée chez les 67 patients ayant reçu du sirolimus sans traitement d'induction. Le recours au sirolimus reste néanmoins associé à une survie favorable chez les patients ayant reçu un traitement d'induction.

« D'autres études à long terme sur d'autres patients sont nécessaires pour confirmer ces découvertes prometteuses sur le sirolimus, concluent les auteurs. En parallèle, pour améliorer potentiellement la survie du patient, il convient de fortement envisager, dans la mesure du possible, de remplacer les inhibiteurs du cycle cellulaire par du sirolimus au cours de la première année, dans le cadre d'un schéma à base de tacrolimus et idéalement sans traitement d'induction à base d'anticorps, chez tous les patients transplantés. »


Source : lequotidiendumedecin.fr