Réforme de l'hôpital : Buzyn ne convainc ni les petits établissements ni les généralistes

Par
Loan Tranthimy -
Publié le 22/08/2018
Buzyn

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Crédit photo : AFP

Les déclarations d'Agnès Buzyn sur la réforme de l'hôpital annoncée pour la mi-septembre font déjà réagir l'Association nationale des centres hospitaliers locaux et des hôpitaux de proximité (ANCHL) et MG France, premier syndicat des médecins généralistes. 

La mise en place d'organisations territoriales dans lesquelles médecins libéraux et hôpitaux de proximité assureraient de concert la prise en charge des besoins de santé de la population est l'une des pistes avancées par la ministre de la Santé. Elle s'est par ailleurs engagée à ne fermer aucun hôpital de proximité.

Or, ces annonces ne rassurent pas l'ANCHL, qui réclame davantage de précisions. Pour les petits hôpitaux, « il n'y a aucune certitude d'une volonté de maintenir les services ou un volume d'activité suffisant dans ces établissements ». Quant à l'organisation territoriale associant médecins libéraux et hôpitaux de proximité, l'association rappelle que ce fonctionnement existe déjà dans les hôpitaux locaux (ou exercent des médecins généralistes libéraux) et par l'adossement de maisons ou centres de santé de premier recours à des établissements hospitaliers. 

L'ANCHL attend de cette réforme la mise en place d'un véritable plan de renforcement et de développement des centres hospitaliers locaux et des hôpitaux de proximité, le rétablissement des liens avec la ville « exclue des GHT hospitalo-centrés » et des financements « décents » pour les missions accomplies. 

La ville négligée

De son côté, MG France déplore l'absence de l'évocation de la médecine générale dans les déclarations ministérielles. « En assurant qu'aucun hôpital de proximité ne fermera, la ministre semble ignorer que de nombreux cabinets de médecine générale ferment faute de successeur, parce que le titulaire décroche prématurément ou décide de devenir salarié d'un hôpital par exemple », martèle le syndicat.

À propos de l'appel du pied de la ministre aux libéraux, MG France se montre ferme : « Ne parler des médecins généralistes que pour proposer de les contraindre un peu plus, c'est négliger le rôle premier de ceux qui effectuent vingt fois plus de consultations que l'ensemble des services d'urgence hospitaliers réunis. »

Pour conserver cette offre de services de proximité, les cabinets de médecine générale doivent pouvoir, selon le syndicat, disposer d'assistants afin de dégager du temps médical. Cela passe inévitablement par un financement suffisant. « Si la réforme envisagée ne conduisait pas à une réorientation massive rapide des budgets disponibles vers les cabinets de médecine générale, le gouvernement porterait la responsabilité », dit-il.


Source : lequotidiendumedecin.fr