À Marseille, des agents hospitaliers refusent de soigner un patient psychiatrique et violent

Par
Martin Dumas Primbault -
Publié le 31/08/2018
marseille psy

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Crédit photo : S. Toubon

Mardi 28 août, une vingtaine d'agents hospitaliers ont manifesté devant les locaux de l'agence régionale de santé (ARS) Provence-Alpes-Côte d'Azur. 

« Ce n'est plus tenable, il faut trouver un autre parcours thérapeutique pour le prendre en charge », s'agace Audrey Jolibois, secrétaire générale Force ouvrière (FO) de l'Assistance publique - Hôpitaux de Marseille (AP-HM). Et d'ajouter, « nous sommes dans un secteur ouvert alors que lui, il lui faut un secteur fermé ».

« Lui », c'est « Monsieur D », un patient connu pour ses excès de violence répétés à l'encontre du personnel et des patients, qui fréquente les hôpitaux psychiatriques de la région depuis une vingtaine d'années. Les agents de l'AP-HM et des hôpitaux psychiatriques marseillais ont appris en fin de semaine dernière son retour. Et ça ne leur plaît pas du tout.

Car en plus de souffrir de troubles psychiatriques, l'homme est doté d'un physique massif. « On peut difficilement imaginer la force dont il dispose, explique au « Quotidien » Audrey Jolibois. Parfois, dix personnes sont nécessaires pour le contrôler. »

En raison du danger qu'il représente pour le personnel et les autres patients de l'hôpital, un dispositif particulier a été mis en place. « Il y a environ dix ans, nous avons convenu avec l'ARS de partager la garde de ce patient entre différentes structures afin d'éviter une surcharge psychologique au personnel », précise la syndicaliste. Monsieur D. a donc déjà alterné ses séjours entre le centre hospitalier spécialisé Valvert d'Aubagne (Bouches-du-Rhône), l'hôpital Édouard-Toulouse de Marseille et différents établissements de l'AP-HM.

Droit de retrait

Ce n'est pas la première fois que les hospitaliers de la région se mobilisent pour éviter de soigner ce patient. À la suite d'un « dérapage survenu à Édouard-Toulouse en février », se souvient Audrey Jolibois, Monsieur D. a été pris en charge dans l'unité pour malades difficiles (UMD) la plus proche située à Lyon. Initialement prévu pour juin, son retour à Marseille avait été retardé par le préavis de grève déposé par le personnel des trois établissements. Mais cette fois, c'est sûr, il réintégrera l'hôpital Édouard-Toulouse à partir de la semaine prochaine.

Consciente de la situation, l'ARS s'est engagée à recruter un infirmier supplémentaire par vacation dans les établissements où ce patient problématique sera admis. De leur côté, les syndicats ont décidé de maintenir le préavis de grève sur trois mois et menacent de faire valoir leur droit de retrait au premier écart de « Monsieur D ».


Source : lequotidiendumedecin.fr